Jay Hatfield
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MessageSam 5 Aoû - 20:13


Il devait être environ huit du matin, ou neuf, elle n'en savait rien à vrai dire, seule la position du soleil lui faisait constater ceci. Ça devait faire une bonne demi-heure qu'elle courait sans relâche à travers le quartier, histoire de se débarrasser de la pression et du stress qu'elle avait accumulés depuis certains jours. Puis c'était le moment parfait pour sortir, il faisait encore frais à ce moment de la journée. Depuis combien de temps n'avait-elle pas couru par envie et par passion ? Trop longtemps, si bien qu'elle peinait par moment pour ne pas abandonner.

Ces derniers jours, elle n'avait fait qu'apporter un peu d'améliorations au manoir, quelques planches par-ci par-là, une bâche pour couvrir un trou ou une fenêtre, puis il fallait penser aussi à remplir la réserve de nourriture et d'eau. Heureusement que Laura était là pour l'aider; seule, Jay aurait déjà trouvé une planque plus petite et s'y serait terrer pour ne plus en sortir. Mais pour le coup, il y avait deux bouches à nourrir et un abri à entretenir, elle ne savait même pas si une personne de son clan allait débarquer à tout moment. D'ailleurs, elle n'y pensé même plus à cette histoire de "clan", il n'y avait qu'elle et Laura qui comptait pour le moment.

_ Merde.

Elle s'arrêta enfin de courir, à bout de forces, se pliant en deux à cause de tous les efforts qu'elle avait donnés. La punk remarqua après une brève inspection du regard sur les environs qu'elle avait atterri pas très loin d'une rivière et usa de ses dernières forces pour s'y traîner. Arrivée au bord de l'eau, elle s'agenouilla et commença à asperger son visage dégoulinant de sueur, s'en versant aussi sur les cheveux par la même occasion; elle remarqua d'ailleurs qu'il était peut-être temps de se les couper. En plus de ça, ses nouveaux habits étaient trempés de sueur, elle avait réussi à se dégoter un débardeur et une sorte de pantalon training qui lui mouler bien les fesses (elle ne supportait pas du tout cette sensation désagréable d'avoir le cul serré) pour pouvoir courir en toute liberté. Il avait fallu aussi qu'elle abandonne ses vêtements crasseux destinés à l'hiver au vu de la température qui grimpait, même troquer ses rangers chéries contre des baskets de villes. Bon ce n'était pas le grand luxe, mais ça l'aidait à se déplacer plus rapidement au moins.

Enfin, elle but une gorgée puis une autre, constatant que l'eau n'avait pas l'air toxique ou dégueulasse. Ça, c'était un bon point de ravitaillement en eau qu'elle nota dans un coin de son esprit, il lui faudra chercher des bidons ou des sceaux plus tard pour pouvoir en ramener à la base. Après avoir goulûment bu et s'être nettoyer un minimum, le Carreau s'allongea au bord de la rivière, il lui fallait reprendre un peu de force avant de repartir courir.

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Āyōtōchtli
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MessageDim 20 Aoû - 17:08
Adossé contre un arbre, les yeux fermés, le cœur battant la chamade, j’attends la délivrance. Moi qui pensais la recevoir d’un seul coup, comme plongé dans l’eau sans me débattre, la fin de mes souffrances me parvient comme une pluie diluvienne, m’enlevant par vague mon mal de tête, la pression sur mon torse, la douleur dans ma gorge, puis le froid sur ma peau. Tout parait se faire tranquillement, mais quand j’ouvre les yeux en inspirant profondément, j’ai l’impression que ma mort s’est fait en une rapide seconde. Rapide et lent à la fois, je fus trop perdu dans ma maladie pour sentir la douleur du coup final qui a achevé mes jours, sans pour autant mettre fin à mes questions et mes sentiments néfastes. Alors voilà? Ma cité est mise à feu et à sang, l’Empire que j’ai servi n’existe plus pour moi et c’est tout? J’ai étudié tous les textes possibles, je sais quel voyage m’attend pour les prochaines années, mais je ne connais pas ma destination…

Je lève enfin les yeux. Je ne comprends pas ce que je vois.
 
Un paysage grisâtre se dessine devant mes yeux, l’horizon découpé par de grands temples élancés appuyés les uns contre les autres et de basses demeures semblables aux maisons de Cholula, si elles se retrouvaient empilées les unes sur les autres. Le sol est poussiéreux et couvert de débris et une épouvantable odeur flotte dans l’air. Une rivière tumultueuse coule non loin, emplissant l’atmosphère d’un bruit de roulement constant, empêchant un silence inquiétant de m’inquiéter sérieusement. Je devrais me demander où je suis, tout ce que j’observe m’est inconnu, mais ce sont ces petits détails, la poussière autour de moi et le bruit de ma rivière qui me convainc que c’est bien réel… c’est ça, être mort? Loin d’être glorieux et surnaturel, il y a quelque chose d’absurde dans sa simple étrangeté, un autre monde, tout simplement… enfin, aussi simplement que se retrouver dans un autre monde peut être. On dirait presque que c’est normal, mais aucune de mes connaissances ne me permet de confirmer que je devrais être là. Ce n’est pas la route vers le Paradis que j’avais imaginé, mais en même temps, qu’est-ce que j’en sais?

Je tends la main derrière moi pour m’appuyer sur l’arbre contre lequel je suis appuyé, seulement pour réaliser que la texture molle, poisseuse et tiède que j’ai sous la main ne peut pas être du bois. Ce qui s’en rapproche, c’est le souvenir d’un corps humain qui a rendu son dernier souffle, ou pas, au moment de lui retirer son cœur. Je me relève et me retourne en même temps dans un élan de dégoût pour voir de quoi il s’agit : Une énorme bête inanimée, couverte de sueur, ses horribles défenses tachées de sang, au groin recouvert de mucus. Pas de yeux, pas de trous là où il y aurait dû en avoir non plus… je retire ma main rapidement et recule en beuglant de terreur, arrivant à peine à rester debout dans ma hâte. Je m’arrête juste au bord de la rivière, respirant bruyamment, incapable de comprendre ce qui se trouve devant moi. Je baisse les yeux, aperçois la flaque de sang sous la bête et lève la main pour savoir si j’en suis aussi recouvert.
Ma peau est complètement bleue. Pas comme quand j’étais malade, mais véritablement bleue, avec une teinte de gris, sans aucune trace de sa couleur originale.

Je n’arrive même plus à parler, à peine si je parviens à émettre un faible hoquet désemparé et ce n’est que maintenant que je sens une grande terreur s’emparer de moi, regardant ce nouveau monde en ayant trop peur pour savoir quoi en penser. Mort ou vivant, je n’ai pas de réponse et ça ne pourrait pas être pire que ça. Impossible de savoir si je suis en train de rêver, ou si je viens de me réveiller et que c’est là la vérité…

Les muscles dans ma gorge se contractent alors que je me retourne, incapable de regarder la carcasse plus longtemps, et avance lentement, mes pieds traînant sans pitié dans la poussière en repoussant les débris. Je ne sais pas où je vais, ni même pourquoi je bouge, mais c’est mieux que… n’importe quoi d’autre. Je crois.

Un mouvement de l’autre côté du cours d’eau attire mon attention et je lève la tête, cherchant sans le remarquer n’importe quel signe qui pourrait éclairer ma lanterne. Une petite silhouette est allongée près de l’eau et semble soit se reposer, si ce n'est pas un autre cadavre... Je ne reconnais pas ses vêtements, et la couleur de sa chevelure a quelque chose d’hypnotisant. Quand la personne se relève, je constate qu’il s’agit d’une femme, et qu’en voulant poursuivre sa route elle m’a probablement aperçu.
Je vois son visage. Une vague de froid se répand dans tout mon corps alors que je m’immobilise, la fixant avec stupeur. C’est peut-être une vision familière, mais elle ne fait que m’enfoncer dans plus de confusion.

C’est officiel : ce monde n’est en rien ce à quoi je m’attendais.
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Jay Hatfield
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MessageSam 26 Aoû - 14:13


Jay soupira, elle n'avait plus envie de repartir et voulait simplement rester allongée là pendant des heures, juste pour le plaisir de ne rien faire et d'être au calme. Elle grogna car elle savait qu'il lui fallait repartir, le danger était toujours présent sans même le savoir, alors elle se releva péniblement et commença à marcher, mais dès qu'elle leva les yeux du sol, une silhouette entra dans son champ vision. Sursautant et s'apprêtant à prendre les jambes à son cou, la tatouée remarqua que l'inconnu la fixait. Depuis quand était-il là ? Et merde, il a l'air... grand et musclé, ce qui la frustra car elle pensa directement à Konstantinos. Encore ce taré ? Non, ce n'était pas lui, mais qui était-ce dans ce cas ?

Jay regarda autour d'elle pour s'assurer si l'homme était accompagné ou non, mais ça ne semblait pas être le cas. Prenant son courage à deux mains, elle lui fit un signe de la main pour lui indiquer qu'elle l'avait repéré et avec hésitation, elle s'approcha.

_ Yo, hm... t'es là d'puis longtemps ?

Merde, comment l'aborder sans craindre de se faire péter la gueule ? Franchement, elle ne voulait pas tomber sur un autre dégénéré qui avait un rêve de conquête à échelle mondiale ou pire, alors pour prendre ses mesures de sécurité, elle resta suffisamment éloignée pour esquiver toutes attaques et fuir le plus rapidement possible. Enfin, elle remarqua quelque chose de troublant : il avait la peau bleue, enfin un bleu un peu gris, mais bleu quand même !

_Bordel de m...

Elle avait murmuré, mais bon sang, ça c'était la première fois qu'elle voyait une chose de ce genre ! Puis il était habillé bizarrement, elle n'aurait su dire d'où il venait, mais certainement pas d'un endroit quelconque.

Le Carreau resta figé face à lui, mais des grognements lointains la firent sortir de ses songes. Une ou plusieurs bêtes approchées, ils devaient se trouver dans une rue voisine, assez loin pour prendre le temps de fuir et se cacher. Ou se battre, toute option était bonne à prendre en fait, mais mieux fallait ne pas traîner trop longtemps. Sans attendre une seconde de plus, Jay se détourna du parfait inconnu et tendit l'oreille pour mieux capturer un autre bruit qui lui indiquerait la distance qui se trouvait entre elle et les chasseurs, car elle était prête à laisser en plan ce nouvel inconnu pour sauver sa peau.

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Āyōtōchtli
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MessageJeu 7 Sep - 13:11
Elle s'approche et gesticule un peu, coupant court à mon observation. J'ai vu des maquillages extrêmement bien réussis que portaient les prêtres et certains paysans, mais aucun d'entre eux ne pouvaient se vanter d'être si réel. De loin, j'aurais pu croire aux dessins ou peut-être même à un masque, mais plus je regarde la femme, plus je deviens persuadé que c'est bien comme ça qu'est sa peau. Son expression, ses cheveux couleur sang séché, sa silhouette athlétique, et bien sûr, son visage de squelette... L'imaginaire s'occupe du reste : dans ma tête, je peux apercevoir les milliers de lames noires que pourraient cacher ses vêtements et les serres acérées de ses mains et de ses pieds. Une terrible gardienne pour un paradis qui n'est pas censé être le mien...
Sans hésiter, je mets un pieds dans l'eau, puis un autre. La rivière n'est pas bien profonde et le courant est fort, mais pas assez pour m'emporter. Immergé jusqu'à la taille, je commence à marcher lentement dans sa direction, prenant bien le temps de sentir les pierres et débris sous mes pieds, les bras tendus de chaque côté de mon corps pour rester en équilibre. Si je dois perdre pied, je ne pourrai pas me relever... le froid de l'eau commence à engourdir ma peau quand je parviens de l'autre côté. Si j'avais été habillé normalement, je l'aurais sans doute regretté, mais non seulement le pagne n'a pas entravé ma traversé, il devrait aussi sécher plus rapidement. Je respire un peu, lance un dernier regard en direction de la rivière que je viens de traverser, puis reporte mon attention sur la créature qui se tient maintenant juste devant moi, inexpressive. Elle doit avoir vu mieux comme pire, les êtres divins ont le temps de tout voir...

-Itzpapalotl.

Déesse guerrière protectrice des enfants, elle ne ressemble pas du tout aux illustrations que l'on retrouve dans les temples mais il serait impossible de la prendre pour une autre. Et puis, nous savons tous maintenant que rien n'est ce qu'il paraissait être, surtout dans le monde du divin... un homme s'est présenté sur nos terres à une date fatidique et n'a fait que retourner nos croyances contre nous, non seulement en endormant notre vigilance mais en les déclarant profanes et barbares. Si nous avions su douter, peut-être que Cholula...
Mais comment faire taire sa foi sans y perdre son âme? Qui prendra le risque de questionner les dieux et de leur tourner le dos? Comment pouvons-nous prétendre savoir?
J'ai passé ma vie à prétendre. Si je dois en payer le prix maintenant, c'est que mon sort à été décidé il y a longtemps.

Doucement, je baisse la tête en un salut respectueux, sans aller jusqu'à m'incliner ou, pire encore, m'agenouiller devant la femme. Créature céleste ou non, je ne vais pas jusque là.

-Est-ce vous qui m'avez convoqué ici? Qu'est-il arrivé à votre royaume?

En préparant ma prochaine question, je surveille ses expressions faciales, espérant y trouver quelques indices malgré ses airs de squelettes qui ne laissent pas transparaître beaucoup d'émotions. Cortes ne savait rien de nos coutumes, nous lui avions tout donné sans qu'il n'ait même à demander pour prendre l'identité de Quetzalcóatl. Une simple erreur qui peut être évitée. Un étrange poids me tombe sur le cœur alors que je lui demande:

-Qu'est-ce qui s'est passé, déesse?

Usurpatrice ou non, je veux plus que tout le savoir. Qu'est-ce qui m'est arrivé? Pourquoi je suis ici et pas ailleurs? Qu'est-ce qui est arrivé après ma mort? Est-ce normal d'être toujours aussi inquiet alors que j'ai quitté mon monde? Peu importe qui elle est, elle vit dans ce nouvel environnement comme si c'était le sien. Au point où sa détresse en entendant des grondements au loin m'atteint bien vite, me rendant aussi nerveux. Des bêtes sauvages, ici? Ça n'a aucun sens... le royaume d'Itzpapalotl est le paradis des morts infantiles, il ne ressemble en rien à cet endroit qui a plus l'air d'une prison ou d'un enfer... et si même la déesse est inquiète, c'est que quelque chose ne va pas du tout.
Je ne suis ni chasseur, ni pisteur, mais durant mon enfance il n'était pas rare que j'aie à écouter pour vérifier si les champs où tous les jeunes garçons travaillaient ou même les forêts où je me promenais souvent étaient sécuritaires. Cela fait bien longtemps, mais je me mets aussi à écouter attentivement pour tenter de décoder les intentions des animaux. Des prédateurs, à en croire leur grognements. Je fronce les sourcils.

-Ils viennent par ici. Ils n'en auraient quand même pas après...

Elle? Moi? Je n'ose pas finir ma question, manque de temps obligé. Je tourne les talons et pars en direction opposée, ne regardant derrière que pour vois si la femme squelette compte me suivre. S'ils savent déjà que nous sommes ici, inutile de rester calme, ça ne leur donnera que plus de temps pour nous rattraper... mais après une seconde réflexion, je m'arrête et me retourne à nouveau, lui faisant signe de passer devant. Après tout, elle devrait savoir où aller mieux que moi.
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Jay Hatfield
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MessageVen 8 Sep - 14:45


Et aller, un énième gars qui la prenait pour une entité divine, décidément c'est quoi leur problème ? Les tatouages, c'est ça ? Elle râla dans sa barbe invisible, visiblement agacée d'être prise pour ce qu'elle n'est pas. Puis c'est quoi Itzpa-machin ? Ce mec, elle ne savait pas d'où il venait, mais elle pouvait être certaine que ce n'était pas d'une ville voisine, voir d'une ville tout court, à croire son accoutrement, il débarquait certainement d'une autre époque qui n'était pas celle de Jay. Bon, c'est vrai qu'elle avait commencé à douter que tout le monde ne venait pas du même siècle, mais là, c'était une vraie surprise et vue que Jay n'avait pas passée son temps à écouter en classe, il lui était totalement impossible de savoir. Bref.

_ 'Coute mon gars, ici, c'plus ton monde, c'est même plus un monde tout court. Va savoir où on est, mais certainement pas sûr Terre et j'sais même pas comment on y atterrie, certainement grâce à une sorte de magie noire. Mais voilà, bienvenue en enfer j'ai envie t'dire.

Bon, description plutôt correcte, non ? Jay elle-même ne savait pas, ou du moins si, depuis le temps elle avait compris, mais elle ne savait toujours pas le pourquoi du comment et au fond, elle s'en foutait. Elle en profita pour examiner son nouvel ami de plus près et en vérité, elle brûlait d'envie de lui demander pourquoi il avait la peau bleue et d'où il venait, mais ce n'était pas le moment quand elle se rendit compte que les grognements se rapprochaient.

_ Et si, ils en ont après toi et moi et d'ailleurs j'suis pas...

Hé ! Mais il se casse ! Bah merde, chacun pour sa gueule visiblement si c'était comme ça, Jay savait où allait et pour sûr, elle retournerait au manoir sans attendre une minute de plus. Mais au moment où elle s'apprêtait à prendre une direction opposée, l'homme lui fit signe de passer devant lui, comme pour lui montre un chemin à prendre. Ah, c'est vrai que monsieur était nouveau et que donc, il ne connaissait pas le coin. Jay hésita, soupira un instant puis finalement, elle passa devant lui, autant l'aider un peu ça lui fera pas de mal.

Elle commença à longer la rivière tout en pressant le pas, jetant de vif coup d’œil en arrière pour s'assurer que le géant bleu la suivait et qu'il n'allait pas lui faire un coup de pute parce que pour le coup, elle n'avait pris aucune arme, pensant que son footing du matin n'allait pas durer trois heures. Et alors qu'elle était perdue dans ses pensées, elle n'entendit qu'au dernier moment un bourdonnement, et en une fraction de seconde, une ombre sortit d'une carcasse d'une voiture, fonçant droit sur elle.

Prise de panique, elle cria de surprise, agitant les bras pour se débarrasser de l'énorme moustique qui tentait de la piquer, mais tandis qu'elle reculait elle ne fit pas attention à la pierre contre laquelle elle trébucha, ce qui la fit tomber dans l'eau de la rivière en moins d'une seconde. Merde, l'eau était vraiment froide et elle ne s’imaginait pas que c'était pas mal profond ! Si bien que quand elle voulut se relever, son pied se prit dans un cratère, la faisant perdre son équilibre à nouveau et replonger. Heureusement qu'elle avait pied, mais ce qui la dérangea, c'était qu'elle sentait que son pied s'était coincé entre deux roches, la faisant prisonnière de la rivière. Elle commença alors à tenter d'enlever les morceaux de pierres, tout en gueulant à l'homme bleu.

_ Débarrasse-toi d'ce truc ! Y'en d'autre qui vont rappliquer !

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Āyōtōchtli
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MessageMer 20 Sep - 23:19
Elle ne sait pas où nous sommes? C'est du moins ce que je comprends de son langage vulgaire qui fait grimper ma méfiance, si les dieux devaient parler aussi mal ça se saurait, mais cela mis à part la femme semble très sérieuse. Sérieuse et inquiète, mais aussi résignée, d’une certaine façon. Ce n’est pas son monde, elle parle de magie sans preuve, mais le tout est dit sans grande peur, avec habitude. Malgré son apparence surnaturelle, la jeune femme n’est pas… n’agit pas comme une déesse le ferait. Les contes parlent de créatures charmeuses et trompeuses, qui cachent leur identité, testent les hommes et les punissent quand ils ne répondent pas à leurs attentes. Est-ce ce qui est en train de se passer? J’ignore ce que j’ai à prouver, encore moins à une déesse comme Itzpapalotl… Que peux me vouloir une guerrière comme elle?
Oh…

Est-ce qu’elle croit que je suis vraiment…? Je veux bien le croire. Si même Itzpapalotl me prend pour un soldat, c’est que quelque part, il y a un peu de vérité, tout ce dont j’ai besoin pour prendre une chance et faire mes preuves. Je la suis docilement, me calmant un peu en regardant autour de moi avec un peu plus de curiosité. Les bâtisses de cet étrange monde gris ne ressemblent à rien que je ne connaisse, mais même moi je peux voir qu’elles sont dévastées et inhabitées. Aucun bruit, aucun signe de vie… tout est désespérément vide. Du moins, c’est ce que nous pensons.

Alors que je m’apprêtais à poser plus de questions sur l’endroit où nous sommes, une énorme créature jaillit d’une absurde structure colorée et se jette sur la femme squelette. Est-ce que c’est… un insecte?! Il est immense! Le moustique vole sans pitié autour de la jeune femme qui gesticule furieusement pour le tenir à distance, sans succès. Même petites, ces aberrations de la nature apportent bien des maux, alors en voir une géante, tout aussi affamée… La bestiole poursuit son attaque jusqu’à ce que la déesse fasse le pas de trop qui lui fait perdre pied.

-Attention!

Mes yeux s’écarquillent de frayeur en voyant la femme tomber dans la rivière pour ne pas refaire surface tout de suite. Ayant perdu sa cible, l’insecte vole un peu sans but avant de foncer vers moi, son horrible bourdonnement emplissant l’air et se rapprochant à une vitesse folle. La figure rouge finit par refaire surface, sans pour autant parvenir à se soustraire à l’eau glacée, et me hurle d’achever la bête avant que d’autre n’arrive.
Dans un monde idéal, je me serais mis à la tâche sans attendre, sourire aux lèvres, enfin prêt à montrer de quoi je suis capable. Après tout, je suis fort, je suis grand, et ce n’est pas un insecte qui me fera peur, non?
Mais je ne peux que la dévisager avec de grands yeux, incapable de me mettre à la tâche.

-C… Comment?!


La tête triangulaire de l’horrible bête s’incline sur le côté, ses grands yeux aux milliers de facettes me renvoient brièvement mon reflet avant qu’elle ne soit trop près. Le bourdonnement devient insupportable, cauchemardesque, car j’ai beau agiter les bras et me déplacer sur le côté, l’insecte ne s’arrête jamais et poursuit sa course sans relâche, n’attendant que la bonne ouverture pour porter son coup.
Enfin, elle arrive à se poser dans mon dos et à planter son dard dans ma chair. Un violent picotement me traverse le cou et se répand jusqu’à ma joue pendant que le moustique se gorge de mon sang sans plus se soucier de moi. J’arrive à l’attraper, mais j’ai beau tirer, impossible de le décrocher.
Ressaisis-toi, Āyōtōchtli! Tu ne vas quand même pas te laisser avoir comme ça!

Avec une nouvelle frénésie qui n’appartient qu’à moi, je cherche mes sentiments les plus haineux qui ont su me garder en vie pendant mes pires moments. Ce qui a fait que j’ai su passer pour un soldat, à Cholula, et qui m’a aidé à survivre quelques heures de plus, ce qui fait que je n’arrive pas à me satisfaire de la mort. Ce n’est pas la mort qui étanchera ma soif de victoire et de carnage, et ce n’est pas aujourd’hui que je compte être éliminé pour de bon.

-AAAAAAAAAH!!!

Un voile rouge se pose devant mes yeux alors que je me laisse tomber sur le dos sans chercher à ralentir ou amortir ma chute. Un goût de sang se répand dans ma bouche et un long frisson court dans mon dos quand j’entends un craquement couplé à un bourdonnement étouffé sous moi. Écrasée et souffrante, la bête tente de battre en retraite mais n’arrive pas à décoller, même quand je me redresse et me retourne pour lui faire face. Et toute son agilité ne font rien pour la sauver quand je lui emprisonne le crâne entre mes mains et presse, presse, presse…
L’horrible tête explose dans mes paumes, m’éclaboussant d’un sang jaunâtre qui me donne envie de vomir. Ce n’est que là, quand l’adrénaline tente de retomber, que je réalise que je ne vois que d’un œil et que je ne sens plus du tout une partie de mon visage. Du venin… Je m’éloigne de la carcasse en essayant de garder un air digne, mais ce que je viens de vivre ne m’a pas laissé indifférent. Qu’est-ce que c’était? Pourquoi une telle bête se trouvait ici? Et pourquoi nous attaquer nous?
Alors que je me retourne vers la déesse squelette, toujours dans la rivière, pour la sommer de m’expliquer ce qui se passe vraiment, un concert de bourdonnement commence à se faire entendre.

-Oh non…

Une dizaine d’autres insectes géants sortent des corps de couleurs qui gisent partout près de la rivière, leur bourdonnement presque rageur suite à la mort de leur compatriote. Ils volent un peu autour, puis nous aperçoivent et décident de foncer vers nous.
Je ne pourrai jamais battre tous ces monstres. Même si je le pouvais, ce ne serait pas sans séquelles, nous ne pouvons pas rester ici…

Mais comment fuir?

Mon regard se pose sur la femme aux cheveux rouges, me demandant dans un éclair de lucidité si je devrais la laisser là où tenter de la laisser fuir aussi. Elle doit avoir froid, dans cette eau, c’est un miracle que le courant ne l’ait pas emportée…
Vient la réalisation. Je bénis tous les dieux que je connais pour m’avoir laissé une telle chance, puis saute dans l’eau glacée de la rivière. Je saisis le bras de la jeune femme et la libère sans aucune difficulté, mais au lieu de la sortir du cours d’eau, ressers plutôt mon emprise sur elle.
Je prends une bonne inspiration et laisse mes pieds se dérober sous mon poids. Tout de suite, le courant nous emporte et je me retrouve submergé dans l’eau avec la jeune femme, filant à une vitesse folle loin de nos ennemis à une vitesse inconnue. Retenant ma respiration, je ramène ma compagne de voyage devant moi pour éviter de la perdre, mais aussi pour me protéger des nombreux obstacles, car j’ai beau mette tous mes efforts et ma concentration  à l’épreuve pour garder la maîtrise de notre petit voyage, cette rivière contient trop de débris pour y naviguer efficacement…
Je nous laisse filer jusqu’à ce que le manque d’air devienne douloureux. Après quelques tentatives sans succès de nous immobiliser pour sortir de l’eau, je finis par réussir à camper mes pieds sur un rocher assez longtemps pour soulever Itzpapalotl et la lancer de toutes mes forces sur la berge, hors de l’eau, puis de m’accrocher pour sortir à mon tour avec bien moins de panache. Je rampe presque hors de la rivière, respirant bruyamment et grelottant sans m’en rendre compte. C’était complètement fou… mais je crois que ça a fonctionné. Nous sommes seuls à nouveau, plus aucune trace des insectes géants.
J’ai réussi?

-Heh… heheh…

Je reste allongé sur le dos à regarder le ciel, trop essoufflé pour ricaner normalement. Est-ce que une assez bonne preuve…?

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MessageJeu 19 Oct - 11:46


Elle gesticulait tant bien que mal pour rester la tête sous l'eau, ses poumons étaient en feu et quand elle ressortit à nouveau hors de la rivière prendre une grande respiration, son regard se posa sur l'homme bleu en train de se débattre contre le moustique. Elle devait faire vite, pour son bien et celui de l'autre, mais ces rochers étaient bien trop lourds à déplacer, même sous l'eau. Loin d'abandonner, Jay replongea, s'écorchant les mains contre les roches, autant tenter le tout pour le tout.

Soudainement, une pression contre son bras la fit paniquer et avaler de l'eau, mais à peine voulu t-elle sortir la tête à la surface pour voir ce qui se passait qu'elle se sentit tirée en arrière, son pied se débloquant de l'emprise entre les rochers, ne manquant pas de lui faire légèrement mal. Elle s'accrocha à ce qu'il lui semblait être un corps musclé pour se hisser hors de l'eau et quand elle sortit enfin la tête de la rivière, elle le vit.

_ Mais qu'est-que tu fous ! Tu m'as fait pe_

Elle n'eut pas le temps de rajouter un mot qu'elle sentit une forte pression se refermait contre son corps et en un claquement de doigts, c'était la descente des rapides. Jay ne pouvait pas respirer ou du moins à petits intervalles, elle tentait de s'accrocher du mieux qu'elle le pouvait à l'homme mais rien ne pouvait l'empêcher de se prendre des débris, notamment un droit sur le crâne, ce qui lui provoqua une immense douleur et elle se sentit désorientée, tout ce qu'elle voulait sur le coup s'était que tout s'arrête.

Morte ou pas, au bout d'un long moment elle se sentit soulever hors de l'eau et jeter à terre, mais elle n'avait plus la force de se relever, se contentant juste de vomir l'eau qu'elle avait bue de force. Elle tenta de parler mais ne prononça rien d'intelligible au final, juste des grognements sortirent de sa bouche. Commençant à retrouver la mobilité de ses bras, elle se tâta d'abord le crâne, repérant où se trouvait la blessure : juste sur le coin droit du front, elle serra les dents quand une vive douleur la parcourut. Puis enfin elle se tourna vers la rivière, regardant celui qui l'avait entraîné dans tout ça. Devait-elle le remercier ? Oui, il avait pris la peine de la sauver elle et il aurait très bien pu l'abandonner, mais dans un autre sens elle aurait préféré d'une autre manière que ce sauvetage risqué. De toute façon, Jay pensait qu'il n'avait pas eu le choix, alors bon.

La tatouée resta un moment allongé, fixant toujours son sauver mais d'un coup, quelque chose lui frappa l'esprit quand il tourna le visage dans sa direction, ce qui la fit écarquiller les yeux. Elle se releva (avec du mal), restant toujours assise et pointa d'un index le visage de l'homme.

_ Mec ton visage... c'pas normal ça, ta tronche se décompose, on dirait qu'elle est... paralysée ?

Elle se traîna jusqu'à sa position pour voir un peu mieux et oui en effet, le visage de l'homme avait un sérieux problème, c'était le moustique qui lui avait causé ça ? Merde, elle ne savait pas combien de temps ça pouvait durer, voir même si c'était à vie ! Il ne manquait plus qu'à attendre maintenant, mais Jay ne se sentait toujours pas rassuré, il leur fallait trouver une planque s'ils ne voulaient pas de nouveau se faire attaquer. Alors elle se releva sur ses jambes, titubant comme un pantin désarticulé.

_ T'peux bouger ? Faut qu'on s'cache, rien 'nous prouve qu'on est en sécurité.

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MessageJeu 26 Oct - 23:23
Il y a bien des façons d'altérer les sens, pour le meilleur comme pour le pire. L'alcool et la drogue, déjà, ne me sont pas inconnus, mais il y en a d'autres, qui se passent dans la tête, qui sont encore plus libérateurs : l'adrénaline, le pouvoir, l'interdit...
Et la victoire. Le rêve devenu réalité.   Pourquoi demander d'autres poisons, quand j'ai celui-là qui me répète sans cesse que je suis un héros, que j'ai surmonté l'impossible et que j'ai vaincu, encore? Allongé sur le dos, le regard perdu vers le ciel, je tente de faire durer l'illusion un peu plus longtemps, pour ignorer la dure réalité qui attend. Je respire profondément pour me donner un peu de courage et tente de fermer les yeux, mais mon œil gauche reste ouvert, sans que je ne puisse y faire quoique ce soit. Surpris, je porte une main à ma joue, sans ressentir le contact. La morsure de la bête me revient, je m'en étais rendu compte mais dans le feu de l'action je n'y avais pas repensé. Maintenant, difficile de l'ignorer : impossible de cligner des yeux et d'ouvrir la bouche normalement, je n'ose pas imaginer de quoi j'aurai l'air en parlant et j'ai très mal à la tête. Pour couronner le tout, je commence à grelotter, l'eau glacée commençant à faire sentir ses tourments sur ma peau…

La femme squelette, à la fois horreur éthérée et beauté de l’outre-monde, s’inquiète en remarquant mon état ; ce doit être encore pire que ce que j’imagine, ce qui est déjà beaucoup. Sans vraiment m’en rendre compte, je commence à faire la liste de toutes les potions que je connais qui pourrait atteindre un tel effet, sans trouver la bonne. Il y en a plusieurs semblables, aucune identique… la voix de Citlali résonne dans mes oreilles, me rappelant d’une voix taquine quelque chose au sujet de la dose… mais je ne l’écoute pas vraiment. Quand elle m’en a parlé, ça ne m’intéressait pas.
J’aurais dû écouter, sans doute. Peut-être que j’aurais pu changer quelque chose.

Je me redresse et mais m’arrête là, un violent vertige m’empêchant de me relever complètement. Je me prends la tête entre les mains et attends quelques secondes que le malaise passe avant de faire signe à la déesse, choisissant mes mots avec prudence.

-Jw… ‘vais bu… bien…

Damnation! Comme si ma paralysie n’était pas suffisante, j’ai maintenant les lèvres qui tremblent à cause du froid! La mâchoire crispée, un goût de sang se propage dans ma bouche alors que je fusille Itzpapalotl du regard comme pour la défier de dire quelque chose. Heureusement pour elle, point de venin dans ses paroles, juste l’idée de s’éloigner et de trouver un endroit où se cacher, car même cette berge n’est pas sécuritaire. C’est du moins ce que je comprends de son horrible accent…

-Mh.

Je hoche la tête sans en dire plus et entreprends de me relever en même temps qu’elle. À quelques reprises, le vertige me reprend avec tellement de force que je m’en retrouve presque par terre à nouveau, et c’est de peine et de misère qu’elle et moi, en parfaits naufragés, parvenons à se remettre sur pied. S’éloigner de la rivière, d’abord, ensuite se trouver un endroit où récupérer, ensuite faire le point, et si possible, trouver des vêtements plus chauds. Le soleil de mon pays me manque déjà…
Mais avant tout ça, autre chose encore.

Le goût métallique dans ma bouche refuse de disparaître. Dans un étrange réflexe, je m’essuie les lèvres du revers de la main, pour y trouver un filet de salive rougis par du sang. Au moins le venin m’aura épargné un énième inconfort. Alors que la tête rouge se retourne pour commencer à marcher, je fais appel à toutes mes forces et ma volonté pour avancer d’un pas rapide et lui attraper le bras pour la forcer à me faire face. Nous restons comme ça quelques secondes, alors que je rassemble mes pensées pour la regarder de haut et mettre fin à mes interrogations. Même après notre voyage dans l’eau, les motifs sur sa peau sont toujours parfaits, là où n’importe quel maquillage aura disparu. En ignorant l’incertitude qui commence à me serrer le cœur, je commence à lui parler d’une voix lente :

-P… Presque morts… maintenant, la… la… vérité…

Je prends une grande inspiration, tente de relaxer les muscles tendus de mon visage, puis continue.

-Ton nom…

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