Olivia Stash
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MessageJeu 8 Juin - 23:15
Un bruit de roches qui s’entrechoquent au loin fut la première chose que j’entendis. J’ouvris les yeux pour découvrir une obscurité totale. J’ignorais où je me trouvais ni même comment je m’étais retrouvée dans cet endroit étrange. La dernière chose dont je me souvenais, c’était de m’être faite attaquée par une meute de coyotes dans la forêt, mais la dureté du plancher sur lequel j’étais allongée me laissait savoir que je n’étais plus dans la forêt. Il n’y avait pas de béton, dans la forêt, après tout. Tout ce qui m’étais arrivé dans les deux dernières semaines me revenait lentement en tête. Tout cela me semblait tellement loin que les souvenirs me sembaient surréels. En fait, je me demandais même si tout cela n’avait été qu’un rêve, puisque je ne semblais pas avoir de morsures ou de griffures à cause de l’attaque des bêtes que j’avais croisées. Tout ce qui me laissait savoir que mon avion s’était bel et bien écrasé était la gale qui s’était formée dans le fond de ma tête à cause de ma blessure à l'atterrissage.

Lâchant un grand soupir de découragement, je me levai et tentai, à tâtons, de trouver une sortie. Je n’avais aucune idée d’où j’étais, ni comment me sortir de là. Je ne voyais absolument rien et je n’avais rien pour m’aider à voir ou pour créer de la lumière. Dans les grosses lignes, j’étais vraiment dans la merde. Tout ce que je pouvais déduire de ma situation, c’était bien que j’étais dans une bâtisse quelconque et qu’il devait forcément y avoir une sortie. Je trouvai un mur non loin de moi et décidai de le longer pour trouver une porte sans me casser la gueule quelque part, sans grand succès. Il y avait tellement de débris au sol que je manquais de tomber à chaque cinq ou six pas en faisant un vacarme énorme de ferraille et de roche qui raclent contre le béton.

Tout à coup, je crus entendre un bruit non loin de moi. Je me dirigeai vers sa source, curieuse de savoir ce que c’était. Peut-être que c’était une autre personne ? Si c’était le cas, ça valait la peine de la trouver au cas où elle connaîtrait le chemin pour sortir ou aurait une idée intelligente pour nous faire sortir à défaut de connaître le chemin. J’avais à peine fait quelques pas que je m'effondrai au sol, déboulant violemment une cage d’escalier que je n’avais pas anticipée. Je m’écrasai en-bas avec un grand cri. Si quelqu’un d’autre se trouvait dans les environs, cette personne savait désormais qu’elle n’était pas seule.


Dernière édition par Olivia Stash le Jeu 21 Sep - 21:50, édité 1 fois
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Richard de Vermont
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MessageDim 18 Juin - 17:35
Il pleure et ne semble pas avoir bientôt fini de pleurer. Il pleure pour avoir vu sous ses yeux une personne très chère pour lui, une petite fille qui lui donnait l’envie de sortir jouer avec et qui recevait tout son intérêt. Un enfant qui partageait avec lui ses préférences et ses goûts, quelqu’un qui l’écoutait et qui demandait toujours plus de détails. Il pleure pour sa petite fille, Pearl, pour qui il aurait tout sacrifié pour qu’elle soit encore avec lui. C’est bien les meilleurs qui partent toujours en premier. Mais de là à condamner un si petit bout de chair…

Il continue de pleurer tout son chagrin et ce n’est que graduellement qu’il se rend compte que le lit auquel il est accoudé est étrangement inconfortable tout d’un coup. Lentement, il ouvre les yeux, craignant de voir le cadavre de son enfant qui lui rappellera automatiquement que c’est celui de Pearl et que cette dernière ne reviendra plus jamais. Il retire les mains de son visage, s’attendant de repartir en larmes, mais c’est à sa grande surprise que sa vision avec les yeux ouverts est à peu près la même qu’avec les yeux fermés. Il n’y a plus de lumière dans la chambre, et il remarque qu’elle est la douce odeur de lavande a laissé place à quelque chose de beaucoup plus malodorant. Ce n’est pas normal, Richard le voit bien. Son premier réflexe en est un de père et il tâtonne le lit en espérant toucher le corps. Mais il ne s’en que sous ses doigts de la crasse sur du bois. Il touche toute la surface et comprends que c’est un banc de bois. Un banc de bois!

Il se relève, affolé, et se débarrasse de la saleté qui s’est accumulée sur ses mains. Il n’est plus dans la chambre, et il ne sait pas où il est. Il sait juste que c’est sale, dégoutant et que ça sent mauvais. Il s’empresse de sortir son mouchoir pour y enfouir son nez si sensible. Le réconfort est minime, mais c’est mieux que rien. Il fait le tour de lui-même deux fois, essayant de se situer, mais n’y parvient pas. Est-il en train de rêver? Non, car même les pires cauchemars ne sentent pas si mauvais. Il parvient enfin à percer le noir, pour remarquer qu’il est dans une gare…sous-terraine? Mais il n’y pas de gare sous-terraine proche de chez lui! Mais où est-il bon sang? C’est en sursautant qu’il entend des échos de bruits plus loin.

-Fran, c’est toi? demande-t-il tout bas.

Pas de réponse, et il l’appelle plus fort. Il n’est pas fou, il sait qu’il y a quelqu’un là-bas. Il continue d’appeler sa femme, tout en s’avançant maladroitement, à force d’éviter des débris invisibles, vers la source du vacarme.

-Fran, c’est Richard! Es-tu là? Sais-tu où nous sommes? Sais-tu où est Pearl? J’étais avec elle, j’avais les yeux fermés et quand je les ai ouverts, j’étais dans le noir. Apparemment, toi aussi, remarque donc. As-tu remarqué que nous ne sommes plus à la maison? Je pense que nous avons été drogués et déplacés ici? Mais je n’ai pas de blessure, es-tu blessée? As-tu été…

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase qui sent un corps atterrir sur ses pieds. Il sursaute, lâchant une exclamation de surprise et de terreur. Il crût pendant un instant qu’il s’agissait d’un cadavre, mais il se rend bien compte, avec les gémissements, que la femme est bien vivante. Il se penche et tente de son mieux, dans le noir complet, d’aider cette pauvre dame à se relever. C’est en l’agrippant qu’il commence se à se douter de l’identité de cette personne. Après l’avoir remise sur ses deux pieds :

-Vous n’êtes pas Fran, n’est-ce pas?

Visiblement, ça ne s’annonce pas bien. Sa femme n’est pas là, il est avec une étrangère et il ne sait même pas si cette personne est responsable de sa situation ou est dans le même bateau que lui. Il n’a pas envie de s’occuper de quelqu’un d’autre en ce moment, mais il ne sait rien de ce qui se passe. Il se retient de se présenter, car si ça se trouve, probablement que la femme le sait déjà.

-Quel est votre nom, madame? Vous sonnez comme si vous êtes dans un piètre état. Que faites-vous ici?

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Olivia Stash
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MessageLun 3 Juil - 1:53
Quelqu’un saisit mon bras pour m’aider à me relever. C’était certainement l’homme que j’avais entendu parler un peu plus tôt. Il m’avait semblé tout aussi déboussolé que moi alors qu’il appelait une dénommée Fran. Il avait sûrement cru que c’était elle qui s’approchait alors que c’était moi qui était sur le point de me casser la gueule dans les escaliers. C’est après m’avoir aidée qu’il avait eu la confirmation que je n’étais pas la personne qu’il cherchait. Pas que je lui ai répondu ou quoi que ce soit, mais je n’avais clairement pas le même physique que l’autre. L’homme me demanda immédiatement qui j’étais et ce que je faisais ici, ce à quoi je répondis tout simplement :

- Olivia. Je viens de débouler l’escalier, c’est comme ça que je suis arrivée ici.

Évidemment, je savais très bien que je n’avais pas du tout répondu à sa vraie question, mais je n’étais tout de même pas pour lui dire que je venais de survivre à un crash d’avion, que j’avais tué la personne avec qui j’avais survécu pendant une semaine et que je m’étais faite attaquée par des loups affamés. Je voulais bien croire que nous étions dans une situation très particulière, mais pas au point où quelqu’un avalerait mon histoire sans croire que je délire. De toute façon, j’étais probablement aussi perdue que lui en ce qui concernait comment je m’étais retrouvée ici. Clairement, mes anecdotes ne serviraient à rien pour nous aider à comprendre la situation.

- J’sais pas où on est, mais l’important, c’est de trouver une sortie. Je crois qu’on est au sous-sol d’un bâtiment ou un truc dans le même genre. J’ai déjà exploré la pièce en haut de l’escalier et j’ai rien trouvé, donc je propose d’aller regarder plus loin ici.

Sans attendre sa réponse, je trouvai le mur le plus proche de moi et le tâtai pour trouver une porte quelconque. J’avais à peine fait un pas que mon pied heurta quelque chose de métallique. L’objet tomba au sol avec un bruit assourdissant et sembla rouler encore un peu. Probablement une poubelle… Je tentai un autre pas et fonçai dans ce que je crus être un foutu banc de bois. Merde...

- Okay, il faudrait peut-être trouver un moyen de faire du feu parce que je vois rien… J’espère que tu sais allumer un feu, big, parce que j’ai déjà essayé plusieurs fois et ça a jamais marché. Ce qu’on voit dans les films, ça vaut absolument rien en matière de référence.

Je tirai le banc de bois pour le décoller du mur. C’était le seul bois dont je connaissais l’existence dans la place. Ça n’avait aucunement rapport avec le fait que je venais de me cogner la jambe dessus. Pas du tout. Aucun. Rapport.

- Je propose qu’on foute le banc en feu.
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Richard de Vermont
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MessageJeu 13 Juil - 19:32
-Ma pauvre demoiselle, vous n’êtes pas chanceuse.  Je me présente Richard de Vermont, chapelier de renommée.

Richard sait bien qu’elle s’était fait mal, il l’avait bien entendue, mais tomber du haut d’un escalier n’est pas agréable.  Surtout dans le noir comme ça, on ne sait jamais sur quoi on pourrait tomber ou s’accrocher.  En espérant que le noir soit le seul gros danger ici…et la saleté. Olivia lui fait un compte-rendu de ce qu’elle a fait, comme si elle lui racontait sa journée.  Cela aurait été plus gaie que de devoir raconter qu’elle a dû dans la poussière et la crasse à tâtons.  Il n’y a donc pas de sorties en haut où elle était.  Pourtant, il croyait tout comme elle qu’ils étaient dans un sous-sol d’un édifice.  Cela le surprendrait que la sortie soit en bas.  Peut-être que la sortie est en haut, mais pas où qu’Olivia se trouvait?  Ce serait plausible, ils devront vérifier cela.  Le chapelier approuve donc :

-Oui, car je ne supporterai pas rester dans cet endroit crasseux encore bien longtemps.  Nous allons donc trouver une sortie à la surface, mais comme vous l’avez si bien dit, nous irons plus loin.  De toutes manières…

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’il se fait interrompre par un bruit de fracas.  Il se rend compte qu’Olivia ne l’écoute absolument pas et qu’elle cherche déjà une sortie sans se préoccuper de lui.

-Mademoiselle Olivia, m’écoutiez-vous au moins?...


- Okay, il faudrait peut-être trouver un moyen de faire du feu parce que je vois rien… J’espère que tu sais allumer un feu, big, parce que j’ai déjà essayé plusieurs fois et ça a jamais marché. Ce qu’on voit dans les films, ça vaut absolument rien en matière de référence.

La barbe de Richard frémit d’indignation.  L’a-t-elle traité de big?  Mais quel langage grossier est-ce là?  Cette Olivia est-elle de la classe moyenne?  Cela expliquerait son langage et son manque de manière, si c’est le cas.  Il lui réponds donc d’un ton offusqué :

-Mademoiselle, d’abord, la moindre des choses que vous pourriez faire dans une situation pareille est de me vouvoyer et de m’appeler Mister de Vermont au lieu de big.  L’impolitesse donne place plus vite à l’agressivité.  

Il secoue un peu son mouchoir près de son nez pour y sentir les derniers relents de parfum puis reprends, d’un ton plus courtois.

-Dites-moi, que voulez-vous dire en parlant de films?  Ce n’est pas que je suis ignorant, mais je crois bien que cela est une preuve que nous ne savons pas tous la même chose.  Vous comprenez ce que je veux dire?  Je ne sais pas faire de feu, mais je sais faire de très beaux chapeaux.  Car voyez-vous, je suis un noble chapelier…

Il se tait, réalisant qu’il a répondu à la question d’Olivia sans réellement s’en apercevoir.

-Ah bien maintenant vous le savez, que je ne fais pas de feu.  Chez moi, je donnais cette tâche à la femme de chambre ou au majordome.  Quel dommage que nous n’avons pas d’allumettes.  Ne vous inquiétez pas par contre, je sais bien m’en servir comme tout le monde, aha!  Ahem, êtes-vous sûres que vous ne savez pas comment faire un feu?  Votre attitude grossière est oubliée, mais n’est-ce pas un langage plus utilisé chez les personnes de classe moyenne?  Je croyais que les gens de cette classe savent comment faire un feu, puisqu’ils ont tous les mains sales.  Eh bien, je viens d’apprendre de quoi.  Bref, vous pouvez comprendre maintenant que nous ne pouvons pas enflammer ce banc en bois, étant donné que nous sommes tous les deux incapables.

Il se tait, le temps de réfléchir à une deuxième solution.  Il finit par suggérer :

-Et si nous faisons comme des aveugles?  Vous savez que les aveugles utilisent une canne pour avancer, n’est-ce pas?  Ils l’agitent devant eux pour s’assurer qu’il n’y pas d’obstacles devant eux.  Nous pourrions faire la même chose, mais, faute de cannes, nous pourrions utiliser les pattes de ce banc.  Nous pourrons alors longer le mur sans se blesser et peut-être trouver éventuellement une sortie ou un autre escalier menant à la sortie.

Il retire ses gants blancs et les range.  Il se retrousse les manches et dès qu’il sent la surface du banc sous ses doigts, il l’agrippe par une patte et vérifie son poids.  Trop lourd pour qu’il puisse le fracasser contre le mur.  Peut-être s’il essaye d’arracher les pattes à coups de pied, cela fonctionnerait? Il renverse le banc, les pattes maintenant en l’air, et le repousse contre le mur.  Son visage semble être concentré, mais c’est plutôt un désespoir de devoir suer.  Il y parvient tout de même, et en s’éventant il s’exclame :

-Ciel, quelle mauvaise position pour un digne chapelier comme moi! Attendez une petite seconde, ma bonne dame, que je reprenne mon souffle un peu…voilà c’est mieux…quel dommage que mon mouchoir ne puisse plus me protéger de l’odeur!  Ne craignez rien ma chère, on arrache une patte de ce banc et nous pourrions continuer notre chemin…

Il termine sa petite pause puis commence à donner des coups de pied à une des pattes du banc.  À cause du noir, il vise très mal, mais il y parvient de mieux en mieux à force d’essayer.    Il s’épuise encore et s’arrête, cherchant son souffle encore une fois.  

-Attendez mademoiselle, je reprends mon souffle et je me remets à la tâche…

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Olivia Stash
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MessageMer 19 Juil - 20:19
Je fis semblant de ne pas entendre les exclamations indignées de Richard suite à la façon dont je l’avais appelé. Pas que je me foutais complètement de ses états d’âme, mais c’était à peu près ça. Sans parler du fait qu’il était bien parti pour me faire la morale ce qui ne me donnait vraiment pas envie de l’écouter. Il ne se rendait pas encore compte que les salamalecs et les courbettes étaient littéralement les derniers de mes soucis en ce moment. À la limite, je préférerais même me taper une longue discussion sur les dernières tendances vestimentaires avec les filles de ma classe que d’écouter ce que cet homme visiblement dérangé avait à me dire sur le savoir vivre et tout. Est-ce que je sonne comme quelqu’un qui sait vivre en société ? Probablement pas. J’évitais souvent les interactions sociales en réalité. D’ailleurs, pour éviter d’allonger le sermon plus longtemps que nécessaire, je ne lui répondis qu’un bref «ouais» lorsqu’il sembla avoir fini de parler.

Bien vite, l’homme continua sur sa lancée, me demandant de quoi je parlais, ce qui n’était pas tellement choquant. La télévision et le cinéma étant des inventions relativement récentes, je me doutais bien que ce n’était pas tout le monde qui connaissait cela. Moi-même, je ne les avais pas regardés si souvent que cela, mis à part pour quelques films courts qui se voulaient drôles et quelques programmes télévisés. Je ne pris pas la peine de lui expliquer le concept d’un film. C’était une grosse perte de temps sur un sujet qui ne nous sortirait pas de cet endroit. Je ne dis rien et le laissai finir de parler.

- … Je ne sais pas faire de feu, mais je sais faire de très beaux chapeaux.  Car voyez-vous, je suis un noble chapelier…

Un moment de silence. Des chapeaux ? Vraiment ? Quelqu’un peut me dire en quoi c’est pertinent pour faire un feu ? Je soupirai.

- Écoute, à moins d’être capable de me pondre un chapeau avec une lampe accrochée dessus, ça nous servira pas à grand chose que tu sois un noble chapelier ou un truc dans ce genre. Le fait est qu’on a pas d’allumettes pour faire un feu et que j’suis absolument incapable d’en partir un sans allumettes.

Richard réfléchit et proposa de se faire des cannes avec les pattes du banc, ce qui n’était pas une mauvaise idée en soi. Certes, c’était très peu pratique à cause de la longueur des pattes du banc, mais probablement bien mieux que d’avancer à l’aveuglette et de se casser la gueule partout comme je le faisais. Je n’avais rien à redire sur cette idée alors je me tus et attendis qu’il se mette à l’ouvrage. Naturellement, il était sûrement plus fort que moi de toutes façons donc mes faibles bras ne serviraient à rien pour arracher des pattes de bancs comme il le faisait. Du moins, selon ce que j’entendais. Il tentait même de me rassurer parce que, forcément, je suis supposée être inquiète devant une telle situation. Je l’entendis prendre une petite pause et décidai de l’aider un peu à arracher la patte de banc.

- Attention, j’vais kicker sur la patte pour voir si ça cède.

J’attendis à peine que l’homme s’enlève du chemin pour commencer à kicker la patte qui tremblait de plus en plus quand mon pied l’atteignait. Bien sûr, viser une cible de cette grosseur dans le noir n’était pas évident et je manquais mon coup assez souvent, mais j’avais réussi à affaiblir la patte assez pour que Richard puisse l’arracher avec ses mains. Je m’enlevai du chemin et lui lançai :

- Ça devrait être plus facile maintenant. J’vais prendre la patte, j’suis sûrement plus petite donc j’ai moins à me pencher pour l’utiliser.

Ce que je ne disais pas, c’était que si jamais les choses viraient mal, je pouvais juste m’enfuir avec la patte en bois ou sinon me défendre avec ça. Puis, ce n’était pas impossible que je décide de fausser compagnie à ce cher Richard si jamais il me nuisait dans ma démarche de sortir de cet endroit inconnu. Ainsi, je saisis le morceau de bois et commençai à m’avancer dans le bâtiment, cherchant une cage d’escalier quelconque pour pouvoir remonter à la surface.

- Tu toucheras le mur pendant que tu te promènes, si tu sens une porte ou n’importe quoi d’autre, on ira explorer ça.
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Richard de Vermont
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MessageDim 23 Juil - 0:19
- Attention, j’vais kicker sur la patte pour voir si ça cède.

Malgré la manière grossière qu’Olivia dit cela, Richard est contre.  Pour son orgueil premièrement et deuxièmement, d’après lui ce ne serait vraiment pas courtois de sa part de laisser une femme s’occuper d’une telle tâche.  Remarquez que si elle se blesse, ça ne sera jamais de sa faute mais il a tout de même été élevé dans des coutumes qui lui disent de l’aider et de l’empêcher de se blesser.  Et puis, si elle se fait mal, ils auront peut-être plus de misère à progresser.  Il s’objecte donc :

-Ah non mademoiselle!  Quel homme serais-je si je laissais une femme s’abaisser à une tâche, même si dans votre cas, vous êtes bas de nature?  De plus, je…

Il n’a pas la chance d’en dire encore plus qu’elle frappe déjà contre la patte avec acharnement.  Elle finit par l’affaiblir suffisamment pour qu’il puisse l’arracher.  Avant qu’il puisse la féliciter, elle propose de tenir la patte.  N’ayant aucune objection, il lui tend :

-Bien entendu, c’est effectivement une bonne idée.  Si je suis celui qui doit toucher les murs, permettez-moi seulement d’enlever mes gants.  Un tissu de grande comme cela est si rare, ce serait fort dommage de les salir, n’est-ce pas?  Voilà…

Il s’en va pour tendre le bras à Olivia pour qu’elle s’y accroche, mais elle est déjà loin.  Cela l’arrange bien, car avec son attitude bête et impoli, il n’a aucune envie de l’avoir accroché à son bras.  C’était déjà ennuyant à le faire avec Fran, il ne va pas insister pour qu’Olivia le fasse.  Il laisse sa main trainer mollement contre le mur.  Il sent la crasse coller au bout de ses doigts, et a une face répugnée.  Il ne parvient à rester silencieux bien longtemps.

-Quel inconvénient que je n’ai pas ma cane sur moi, cela aurait simplifié les choses ne trouvez-vous pas?  Une si belle canne, ma fille y a même ajouté sa touche personnelle.  Hélas, je ne l’avais pas sur moi quand j’ai été amené ici…

Cela l’échappait.  Il n’arrivait pas à comprendre comment il s’était retrouvé ici en un clin d’œil sans s’en rendre compte.  La meilleure réponse est qu’il se soit fait drogué.  Comment?  Par qui?  Il n’avait rien bu de la journée, trop préoccupé par Pearl, et personne dans la maison n’avait de raisons de faire une telle chose.  Peut-être Fran, mais elle était dans un tel chagrin que Richard ne croit pas qu’elle aurait pensé à cela.  Il sait qu’il ne rêve pas, car tous ses sens sont assaillis comme ils ne l’ont jamais et ne le seront jamais dans un rêve.  Même chose pour Pearl.  Cela, c’est vrai.  La peur et la souffrance ont été réelles, il n’y aucun doute là-dessus.  À cette réflexion, Richard fût vraiment effrayé.  Il ne comprenait pas ce retournement de situation injustifié et insensé.  Son cœur bat soudainement encore plus vite.  C’est déjà un danger d’être perdu ainsi, mais sans aucune raison rend le danger beaucoup plus terrifiant.  L’ignorance est dangereuse.  Avec une voix qui trahit sa peur, il demande :

-Mademoiselle, puis-je vous demander quelque chose?  Où étiez-vous avant de vous retrouver ici?  Que faisiez-vous?  Moi…moi j’étais tranquillement chez nous en train de travailler dans mon atelier.  Je travaille à partir de chez moi, voyez-vous.


Il n’a pas de honte à mentir.  Ce qui se passait véritablement chez lui ne concernait pas Olivia et ne la laisserait probablement ni chaude ni froide.  Savoir que quelqu’un, même s’il s’agit d’une inconnue, n’éprouverait rien d’autre que de l’indifférence pour ce petit joyau qu’était Pearl le fâcherai.

Tout d’un coup, sa main passe dans le vide.  Ravi d’avoir trouvé de quoi, il la repasse pour s’assurer qu’il n’a rien imaginé.  Il s’agit bien d’un passage.  Il appelle tout de suite Olivia :

-J’ai trouvé un passage!  Approchez!  Peut-être qu’une sortie se trouve de l’autre côté.

Il s’empresse de le traverser, et sent quelque chose craquer sous ses souliers.  Il devine tout de suite que c’est du verre.  Il repasse sa main.  Ne touchant que le vide, il la tend doucement vers la droite.  Il sent la pointe de verre quand même pointue frôler son doigt.  Il descend sa main plus bas et sent d’autres pointes.  Il a été drôlement chanceux que ses vêtements ne s’y soient pas accrochés, dites donc.  

-Attention, il y a du verre partout de ce côté.  Vous n’avez pas de souliers à talons j’espère?  Faites attention, l’entrée est encadrée de morceaux de verre qui ne sont pas tombés.  Au toucher, je dirais qu’elles sont acérées en fait.

Du pied, il balaie les morceaux de verre plus loin.  Ses beaux souliers vont être abîmés en plus d’être salis.  Il tend sa main au travers du portail pour saisir galamment (et à contrecœur) pour s’assurer qu’elle ne s’y accroche pas.  

-Faites attention à votre robe, ce serait triste qu'elle soit déchirée à cause d'un minable accident.  Une chose est sûre, c’est que cet endroit est très mal entretenu.  C’est dégradant d’être laissé ici parmi la poussière et la cochonnerie, si vous pardonnez mon langage.  Il y a même des vitres cassées!  Personne n’a donc pensé qu’il aurait été approprié de tout ramasser avant de quitter les lieux.  Si seulement les personnes malpropres étaient plus propres.  Et organisées!  C’est tout aussi important!  Cela rajoute de la beauté, et nous pouvons nous entendre tous les deux que cet endroit est le sanctuaire de la laideur.

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MessageJeu 31 Aoû - 3:04
Sans grandes plaintes, Richard me suivit pendant que je prenais les devants avec ma canne improvisée. Tentant toujours de faire un semblant de conversation avec moi, il me demanda où j'étais avant d'être transportée dans cet endroit. Sans plus y penser, je lui répondis nonchalamment la première chose qui me traversa l'esprit :

- Dans la forêt, en train de me faire manger par des bêtes.

En fait, c'était la vérité, mais c'était bien trop irréaliste dit comme cela. Surtout en sachant qu'une femme ne se promène habituellement pas dans la forêt. J'avais également remarqué qu'il était probablement encore de la vieille école où les femmes ne pouvaient pas faire grand chose mis à part s'occuper d'une maisonnée. Après tout, ce n'était que récemment que les femmes avaient pris des rôles plus importants dans la société. Garanti qu'il ne me croirait pas. Peut-être même qu'il allait penser que je me foutais de sa gueule, ce qui était encore plus drôle. Je n'ajoutai donc pas plus de détails sur le pourquoi je me serais potentiellement retrouvée dans une telle merde et le laissai se poser des questions quant à la véracité de mon récit.

Tout à coup, Richard s’écria qu’il avait trouvé un passage. Je fis immédiatement demi-tour et allai le rejoindre en suivant le son de sa voix pour aller explorer l’endroit. Pas trop difficile de se situer quand on se fie à la voix de quelqu’un qui parle beaucoup. La tâche n’avait pas été trop laborieuse. En touchant délicatement la surface, je constatai qu’elle ressemblait beaucoup à ces grandes portes vitrées qu’on retrouvait un peu partout dans les boutiques. Elle avait littéralement éclatée en mille morceaux. Encore une chance que je ne portais effectivement pas de talons hauts comme l’homme avait mentionné, car je me serais certainement blessée sur les éclats qui jonchaient le sol.

Alors que je passais prudemment dans l’encadrement, Richard recommença à parler, me disant de faire attention à ma robe… Ma robe ? Quelle robe ? De quoi il parlait, ce gars ?

- T’inquiètes pas pour ma robe, je la porte pas.

Prenant ma patte de banc, je tâtai le sol dans les environs. À part de la vitre cassée, la voie était libre. Même que je croyais apercevoir une petite lueur venant d’un coin de la pièce. C’était un bon signe. Si ça se trouvait, seulement une porte ou quelques débris bloquaient le passage vers la sortie. Je m’aventurai calmement dans la pièce où le silence était étrangement tombé pendant un moment. L’ambiance d’horreur, en gros. J’entendais nos pas ainsi que des morceaux de débris que l’on kickait en marchant. La faible lueur devant nous me rappela soudainement à quel point la pièce était sombre. Un frisson parcourut mon dos alors que l’idée de monstres se cachant dans l’obscurité germait dans mon esprit.

- OH SHIT !

Soudainement, je sentis quelque chose frôler ma jambe. Je sursautai violemment et ni une, ni deux, je brandis la canne de toutes mes forces, donc pas si fort que ça, pour assommer l’horrible monstre qui s’était trop approché de moi. Je sentis mon bâton se heurter contre une cible qui ne sembla pas bouger assez à mon goût alors je lui assenai un deuxième coup pour être certaine de ne pas manquer le monstre. En entendant des plaintes de douleurs, je m’écriai :

- C’est beau ! Je l’ai eu ! On se fera pas attaquer par des monstres aujourd’hui. Oooh non !
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Richard de Vermont
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MessageSam 2 Sep - 23:32
Il cesse lentement de parler quand il réalise ce qu’elle vient de dire.

-Euh…euh…vous ne portez pas de robe?!?

Pour lui, c’est la chose la plus choquante qu’Olivia ait dit en sa présence.  Elle doit le taquiner, se dit-il.  Mais il ne le croit pas du tout : elle semble très sérieuse à ce sujet.  Elle ne semble pas du genre de femme à rigoler souvent.  Pour ça, elle ressemble bien à Fran, sauf que cette dernière s’habillait convenablement.  Elle le dépasse, dans tous les sens du mot.  Elle prend les devants sans faire attention à ses paroles, qui coulent de sa bouche et menacent de les noyer.

-Mais…mais c’est scandaleux!  Vous êtes nue, et je vous ai touché!  Mademoiselle, qu’est-ce qui vous prend?  Comment avez-vous peu vous arrangez?  Vous ne pouvez pas vous prenez ainsi, c’est tout à fait affreux.   Ne pensez-vous donc jamais aux bonnes normes de la société?  Malgré votre rang, vous auriez pu faire un effort pour bien paraître.  Pas seulement physiquement, mais aussi dans le comportement, vous savez.  Vous êtes-vous au moins entendue?  Je devrais tenir ma langue, mais je crois que le bon Dieu me pardonnerait, quand il va comparer nos mots : vous êtes bien désagréable.  Et vous êtes nue…je n’y crois toujours pas…et je l’ai touchée…

Puis il analyse encore une fois tout ce qu’elle lui a dit.  Car peut-être cela vous surprendra, mais Richard ne l’écoutait pas vraiment.  Elle a dit qu’elle se faisait manger par des bêtes avant d’arriver ici?  Seigneur, elle a passé au travers de beaucoup de choses, la pauvre enfant.  Richard réfléchit un tout petit peu avant de se remettre de nouveau à parler :

-Mademoiselle, je m’excuse.  Pas que mon jugement était incorrect, car votre nudité n’est pas pardonnée, mais je n’ai pas pris en compte que vous viviez dans le bois.  Je suis navré de savoir ce que vous avez traversé.  Vous étiez dans la forêt?  C’est intéressant, je n’ai pas vu beaucoup d’arbre dans ma vie.  Je peux comprendre que dans le bois, entourée d’animaux sauvages, votre comportement a dû changer.  Comme un animal, vous êtes sale, sans pudeur, grossière et j’en passe, je crois que vous comprenez ce que j’essaie de vous dire.

Il la suit tranquillement, heureux de ses propos qui vont peut-être remonter un peu le moral à Olivia, après les choses impolies qui lui a dit.

-Ne vous inquiétez pas, je suis sûr que si vous restez près de moi, vous serez influencée par ma personnalité et vous serez guérie de votre attitude bestiale et ridicule.  Dites-moi, m’écoutez-vous au moins…? Mademoiselle Olivia…?

Il s’approche furtivement et silencieusement d’elle pour avoir un peu de son attention, quand soudainement elle commence à le frapper violemment à la jambe.  Il couine de douleur à chaque coup, mais ne parvient pas à formuler des mots pour lui dire d’arrêter.  Il se laisse donc martyriser, pour entendre lorsque que la pluie de coup cesse :

- C’est beau ! Je l’ai eu ! On se fera pas attaquer par des monstres aujourd’hui. Oooh non !

En écoutant cela, le pauvre chapelier s’empourpre.  Olivia ne frappait pas fort du tout, mais recevoir une rafale de coups de bâton reste désagréable.

-Non, ce n’est pas beau!  En fait, c’est très laid comme geste!  Ce que vous venez de faire était cruel!  Avez-vous pensé à mes vêtements?  Vous auriez pu faire attention, voyons.  Vous délirez, avec vos monstres.  De plus, pour une femme en détresse qui était en train de «se faire bouffer par des bêtes», vous semblez bien vous portez.  Je ne peux pas vous voir, mais vous sonnez comme si vous n’avez pas une seule égratignure.  Ma pauvre jambe, elle aura peut-être un bleu par votre faute.  Une chance que vous soyez plutôt faible, sinon ma jambe aurait encore plus souffert.


Il ajuste son chapeau pour se calmer, puis reprends sur un ton calme, mais ferme :

-Si vous êtes pour utiliser le bâton de bois de cette manière, c’est peut-être moi qui devrait le prendre.  Ça serait en effet plus convenable, car…


Il ne finit pas sa phrase, plissant les yeux pour regarder plus loin.  Finalement il s’exclame :

-Je vois de la lumière là-bas, cela doit être une sortie!  Nous avons réussi, n’est-ce pas merveilleux?  Allons-y, je ne veux plus passer une seconde de plus ici.  Ah, tout ce que je vais faire quand je vais sortir d’ici, comme j’ai hâte!  Venez!

Il prend les devants, après avoir gentiment pris le bâton des mains d’Olivia.

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Olivia Stash
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MessageMar 5 Sep - 19:39
Un grand sourire illumina mon visage quand je réalisai que je venais de frapper Richard. Ça devait être le karma parce qu’il venait carrément de me traiter de sauvage. Pas que ça me dérangeait franchement, mais c’était surtout que c’était souvent le genre de trucs que je disais pour contrarier les gens en sachant pertinemment que ce n’était pas correct à dire. Moi, au moins, je savais que c’était mal. Je me régalais de l’entendre se plaindre. Non, moi non plus je ne savais pas pourquoi je ne portais aucune trace d’attaque de coyotes, mais j’étais bien contente que ce soit le cas juste pour cette scène.

Richard me confisqua le bâton de bois que je tenais. De toute évidence, il ne me faisait plus confiance avec cet objet. J’aurais fait la même chose alors je lui laissai le bâton sans rien dire. Il avait vu la lumière lui aussi. Je n’étais pas folle, alors. La sortie était juste devant nous. Je suivis la forme sombre de Richard que je pouvais entrevoir dans le petit rayon de lumière. Il y avait un grand escalier qui menait à un hall d’entré qui avait été visiblement barricadé avec des planches de bois et un peu de tout. Comme si un ouragan était passé dans le coin.

Maintenant, on voyait un peu mieux, mais toujours pas très clairement. Au moins, la faible lumière était assez pour m’éviter de foncer dans les tourniquets de l’entrée. Cet endroit me faisait étrangement penser à une gare, mais à l’intérieur d’un bâtiment. Je n’en avais jamais vues jusqu’à maintenant. Je tentai de pousser le tourniquet pour passer de l’autre côté, mais j’imagine qu’il était soit trop endommagés ou soit il fallait quelque chose pour les déverrouiller. Je ne me cassai pas la tête et passai sous les barres du tourniquet.

- Attention aux tourniquets.

En me dirigeant vers les fenêtres barricadées, je remarquai un amas de tables, de chaises et d’autres choses non-identifiées. Je crus bon d’aller enlever quelques unes des plaques qui recouvrait les fenêtres pour mieux voir ce que l’on faisait. Je forçai quelques secondes pour retirer la plaque solidement accrochée aux autres plaques de bois. La planche céda soudainement, me faisant presque tomber par terre.

La lumière envahit la pièce, m’aveuglant pendant un moment avant que mes yeux ne s’habituent. Je regardai attentivement la pièce une autre fois, m’attardant sur le personnage tout de blanc vêtu qui était avec moi. À l’avoir entendu parler, j’aurais dû me douter qu’il serait assez spécial à voir, mais je ne m’étais pas attendue à autant d’extravagance. Je le fixai quelques secondes, me disant vraiment qu’il ressemblait à un crétin vêtu ainsi. Je portai mon regard sur quelque chose d’autre, préférant ne rien dire, et je me mis à travailler sur la pile d’objets qui bloquait la porte. Le plus vite j’allais sortir d’ici, le plus vite j’allais fausser compagnie à Richard.

- Allez… Manque plus qu’à tout enlever du chemin pis on est libres.
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Richard de Vermont
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MessageLun 18 Sep - 14:01
Il prend les devants et grimpe l’escalier.  C’est à sa plus grande joie qu’il voit la lumière et qui l’a senti.  D’accord, il fait encore très sombre, mais au moins il parvient au moins à définir un peu la silhouette d’Olivia quand il se retourne pour s’assurer que le suit toujours.  Il s’exclame joyeusement :

-N’est-ce pas fantastique mademoiselle?  Nous avons trouvé la sortie!  Si seulement vous saviez à quel point je ne supporte plus cet endroit et toute sa saleté.  Dès que je vais sortir d’ici, je vais rentrer chez moi, je vais boire un thé et je vais manger des petits gâteaux pour me remonter le moral après tout ce que j’ai éprouvé avec vous.  Oh!  Mais qu’est-ce que c’est que cette structure?  Je n’ai jamais vu une telle chose auparavant.

Olivia essaye de traverser les objets mais n’y parvient pas.  Richard lève un sourcil en la regardant faire et fait des gros yeux quand elle passe sous les tourniquets :

-Mais mademoiselle, que faites-vous?  Vous allez vous salir, ne faites pas ça!  Franchement, une dame ne devrait pas ramper ainsi.

Il est bien trop tard, d’autant plus qu’elle l’ignore complètement.  Il fait une moue, regardant les tourniquets sans savoir quoi en penser.  Il figure d’abord s’il n’y a pas moyen d’éviter de faire la même chose que sa compagne.  Il pourrait aller par-dessus au lieu d’en-dessous.  Il approuve son idée, se trouvant bien brillant comparé à cette insignifiante femme qui se croyait tout permis.  Mais même si cela semble simple, il ne sait pas trop comment si prendre.  Il balance une jambe par-dessus un barreau, puis il s’appuie sur la boîte métallique.  Il grimpe par-dessus maladroitement et si lentement qu’Olivia a le temps de mettre un peu de lumière dans la pièce, qui sert presque de projecteur pour montrer aux yeux de tous que le chapelier est dans une position bien ridicule.  Il finit par traverser, sur le bord de perdre le pied plus d’une fois.  Puis il sent quelque chose de collant sous son soulier.  Il le soulève partiellement pour voir des filets de turquoise tachés de gris s’étirer entre son pied et le sol.  Il couine autant de dédain que de dégoût, et s’en plaint à Olivia, ne sachant pas du tout l’origine de cette substance :

-Regardez, n’est-ce pas affreux?  Quelqu’un a laissé par mégarde cette…chose et maintenant elle est collée à mon soulier.  C’est tout simplement répugnant!  Qui aurait pu laisser cela avec tant de détachement!  Quel manque de manière, cela semble absurde à dire mais je suis certain que cette personne est plus désagréable que vous.

Il se rend compte qu’elle le regarde, et il ne peut s’empêcher de rougir en voyant comment elle est habillée.  Il voyait ses jambes, mais le reste, bien qu’il est bien étrange, est correct.  Elle n’est même pas coiffée, ses cheveux libres faisant des vagues sur ses épaules.  Il n’avait jamais vu ce style ailleurs, lui qui connait si bien la mode.

-M-mademoiselle, vos jambes sont visibles, vous devriez peut-être les couvrir…et pourquoi me regardez-vous ainsi?  Y-a-t-il un problème?  Dites-moi, dans quelle boutique avez-vous achetée ces franges?  Elles sont si peu communes.  Et dire qu'on me traite d'extravagant, alors qu'il n'y a que mes couleurs qui sortent de l'ordinaire!  La coupe de mes habits est tout à fait à la mode, pourtant.  C'est fou comment les couleurs peuvent influencer les gens...

Il finit par se contenter nerveusement de lui donner un coup de main.  Il déplace les objets qu’il juge trop lourd pour les petits bras frêles d'Olivia.  La patte de chaise l’encombre dans sa tâche et puisqu’elle n’est plus nécessaire, il la dépose à l’écart.  Le chapelier n’arrête pas de jacasser, jusqu’au moment où la sortie est complètement dégagée.  Un grand sourire s’affiche sur le visage de l’homme, mais il disparaît aussi vite lorsqu’il sort enfin.

Dehors, la poussière est couronnée reine.  Elle a pour titre reine de la saleté, a une couronne de microbes et a un trône de bâtiments en ruine.  La poussière est si présente dans l’air que le chapelier se met à tousser comme s’il était malade.  Il s’en va pour couvrir son visage de sa main, mais s’en empêche en voyant ses superbes gants complètement salis.  Puis il réalise que ses vêtements sont froissés, et il jure qu’ils ont foncé avec l’acquisition d’une bonne couche de poussière.  Quand il pense être capable de respirer sans s’étouffer, il prend des petites bouffées d’air avec son nez, comme s’il était incertain de la sécurité de ses gestes.  Lorsqu’il commença à respirer normalement, il affirme avec plein d’indignation et de colère :

-Comment!  Comment est-ce possible?  Que s’est-il passé ici?  On dirait qu’une tornade et une catastrophe sont passées!  Quelle horreur!  Où sommes-nous?  Mademoiselle Olivia, vous ne le croirez pas, mais venez voir par vous-même!  C’est scandaleux!  Comment avions-nous pu être déplacé ici sans rien remarquer?

Il continue de regarder autour de lui, choqué et apeuré de cet environnement.  C’était la dernière chose auquel il s’attendait.  Il voit ses rêves de thé, de gâteau, de son atelier et de son lit disparaître.  

Bienvenue sur le Plateau Richard!

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Olivia Stash
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MessageJeu 21 Sep - 21:50
Une dernière planche de bois arrachée et la barricade céda. Sans plus tarder, Richard se précipita à l’extérieur, incapable de rester confiné dans cet endroit une minute de plus. J’étais pas mal du même avis, j’avais énormément envie de sortir de là et de m’éloigner de ce type étrange qui pleurnichait sur tout et sur rien. Sérieusement, il y avait de quoi virer fou avec ce gars.

L’extérieur ressemblait assez à la ville où mon université en Amérique se trouvait. Beaucoup de buildings, des routes pavées d’asphalte, des voitures… La seule exception étant bien sûr qu’un foutu ouragan semblait être passé par là. Je dirais même une apocalypse. Apparemment, tout le monde s’était sauvé et n’était jamais revenu, car il n’y avait personne et ce, depuis longtemps. L’herbe avait commencé à pousser au travers de l’asphalte craquée et les buildings avaient tous l’air sur le point de s’effondrer.

Lorsque Richard commença à respirer l’air frais de l’extérieur avec un air méfiant sur le visage, j’en profitai pour m’éloigner subtilement de lui. Je l’entendis à peine commencer à se fâcher contre la situation à l’extérieur que j’étais déjà rendue loin. Richard était loin de se douter que lorsqu’il se retournerait, il ne verrait personne. Il était désormais seul pour explorer cet endroit.

Je rigolai un peu et m’enfonçai dans les ruines de ce qui était autrefois une ville, prête à découvrir ce qui se passait ici.
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Flore Ravageuse
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MessageDim 24 Sep - 8:02
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