Olivia Stash
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MessageJeu 8 Juin - 23:15
Un bruit de roches qui s’entrechoquent au loin fut la première chose que j’entendis. J’ouvris les yeux pour découvrir une obscurité totale. J’ignorais où je me trouvais ni même comment je m’étais retrouvée dans cet endroit étrange. La dernière chose dont je me souvenais, c’était de m’être faite attaquée par une meute de coyotes dans la forêt, mais la dureté du plancher sur lequel j’étais allongée me laissait savoir que je n’étais plus dans la forêt. Il n’y avait pas de béton, dans la forêt, après tout. Tout ce qui m’étais arrivé dans les deux dernières semaines me revenait lentement en tête. Tout cela me semblait tellement loin que les souvenirs me sembaient surréels. En fait, je me demandais même si tout cela n’avait été qu’un rêve, puisque je ne semblais pas avoir de morsures ou de griffures à cause de l’attaque des bêtes que j’avais croisées. Tout ce qui me laissait savoir que mon avion s’était bel et bien écrasé était la gale qui s’était formée dans le fond de ma tête à cause de ma blessure à l'atterrissage.

Lâchant un grand soupir de découragement, je me levai et tentai, à tâtons, de trouver une sortie. Je n’avais aucune idée d’où j’étais, ni comment me sortir de là. Je ne voyais absolument rien et je n’avais rien pour m’aider à voir ou pour créer de la lumière. Dans les grosses lignes, j’étais vraiment dans la merde. Tout ce que je pouvais déduire de ma situation, c’était bien que j’étais dans une bâtisse quelconque et qu’il devait forcément y avoir une sortie. Je trouvai un mur non loin de moi et décidai de le longer pour trouver une porte sans me casser la gueule quelque part, sans grand succès. Il y avait tellement de débris au sol que je manquais de tomber à chaque cinq ou six pas en faisant un vacarme énorme de ferraille et de roche qui raclent contre le béton.

Tout à coup, je crus entendre un bruit non loin de moi. Je me dirigeai vers sa source, curieuse de savoir ce que c’était. Peut-être que c’était une autre personne ? Si c’était le cas, ça valait la peine de la trouver au cas où elle connaîtrait le chemin pour sortir ou aurait une idée intelligente pour nous faire sortir à défaut de connaître le chemin. J’avais à peine fait quelques pas que je m'effondrai au sol, déboulant violemment une cage d’escalier que je n’avais pas anticipée. Je m’écrasai en-bas avec un grand cri. Si quelqu’un d’autre se trouvait dans les environs, cette personne savait désormais qu’elle n’était pas seule.
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Richard de Vermont
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MessageDim 18 Juin - 17:35
Il pleure et ne semble pas avoir bientôt fini de pleurer. Il pleure pour avoir vu sous ses yeux une personne très chère pour lui, une petite fille qui lui donnait l’envie de sortir jouer avec et qui recevait tout son intérêt. Un enfant qui partageait avec lui ses préférences et ses goûts, quelqu’un qui l’écoutait et qui demandait toujours plus de détails. Il pleure pour sa petite fille, Pearl, pour qui il aurait tout sacrifié pour qu’elle soit encore avec lui. C’est bien les meilleurs qui partent toujours en premier. Mais de là à condamner un si petit bout de chair…

Il continue de pleurer tout son chagrin et ce n’est que graduellement qu’il se rend compte que le lit auquel il est accoudé est étrangement inconfortable tout d’un coup. Lentement, il ouvre les yeux, craignant de voir le cadavre de son enfant qui lui rappellera automatiquement que c’est celui de Pearl et que cette dernière ne reviendra plus jamais. Il retire les mains de son visage, s’attendant de repartir en larmes, mais c’est à sa grande surprise que sa vision avec les yeux ouverts est à peu près la même qu’avec les yeux fermés. Il n’y a plus de lumière dans la chambre, et il remarque qu’elle est la douce odeur de lavande a laissé place à quelque chose de beaucoup plus malodorant. Ce n’est pas normal, Richard le voit bien. Son premier réflexe en est un de père et il tâtonne le lit en espérant toucher le corps. Mais il ne s’en que sous ses doigts de la crasse sur du bois. Il touche toute la surface et comprends que c’est un banc de bois. Un banc de bois!

Il se relève, affolé, et se débarrasse de la saleté qui s’est accumulée sur ses mains. Il n’est plus dans la chambre, et il ne sait pas où il est. Il sait juste que c’est sale, dégoutant et que ça sent mauvais. Il s’empresse de sortir son mouchoir pour y enfouir son nez si sensible. Le réconfort est minime, mais c’est mieux que rien. Il fait le tour de lui-même deux fois, essayant de se situer, mais n’y parvient pas. Est-il en train de rêver? Non, car même les pires cauchemars ne sentent pas si mauvais. Il parvient enfin à percer le noir, pour remarquer qu’il est dans une gare…sous-terraine? Mais il n’y pas de gare sous-terraine proche de chez lui! Mais où est-il bon sang? C’est en sursautant qu’il entend des échos de bruits plus loin.

-Fran, c’est toi? demande-t-il tout bas.

Pas de réponse, et il l’appelle plus fort. Il n’est pas fou, il sait qu’il y a quelqu’un là-bas. Il continue d’appeler sa femme, tout en s’avançant maladroitement, à force d’éviter des débris invisibles, vers la source du vacarme.

-Fran, c’est Richard! Es-tu là? Sais-tu où nous sommes? Sais-tu où est Pearl? J’étais avec elle, j’avais les yeux fermés et quand je les ai ouverts, j’étais dans le noir. Apparemment, toi aussi, remarque donc. As-tu remarqué que nous ne sommes plus à la maison? Je pense que nous avons été drogués et déplacés ici? Mais je n’ai pas de blessure, es-tu blessée? As-tu été…

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase qui sent un corps atterrir sur ses pieds. Il sursaute, lâchant une exclamation de surprise et de terreur. Il crût pendant un instant qu’il s’agissait d’un cadavre, mais il se rend bien compte, avec les gémissements, que la femme est bien vivante. Il se penche et tente de son mieux, dans le noir complet, d’aider cette pauvre dame à se relever. C’est en l’agrippant qu’il commence se à se douter de l’identité de cette personne. Après l’avoir remise sur ses deux pieds :

-Vous n’êtes pas Fran, n’est-ce pas?

Visiblement, ça ne s’annonce pas bien. Sa femme n’est pas là, il est avec une étrangère et il ne sait même pas si cette personne est responsable de sa situation ou est dans le même bateau que lui. Il n’a pas envie de s’occuper de quelqu’un d’autre en ce moment, mais il ne sait rien de ce qui se passe. Il se retient de se présenter, car si ça se trouve, probablement que la femme le sait déjà.

-Quel est votre nom, madame? Vous sonnez comme si vous êtes dans un piètre état. Que faites-vous ici?

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Olivia Stash
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MessageLun 3 Juil - 1:53
Quelqu’un saisit mon bras pour m’aider à me relever. C’était certainement l’homme que j’avais entendu parler un peu plus tôt. Il m’avait semblé tout aussi déboussolé que moi alors qu’il appelait une dénommée Fran. Il avait sûrement cru que c’était elle qui s’approchait alors que c’était moi qui était sur le point de me casser la gueule dans les escaliers. C’est après m’avoir aidée qu’il avait eu la confirmation que je n’étais pas la personne qu’il cherchait. Pas que je lui ai répondu ou quoi que ce soit, mais je n’avais clairement pas le même physique que l’autre. L’homme me demanda immédiatement qui j’étais et ce que je faisais ici, ce à quoi je répondis tout simplement :

- Olivia. Je viens de débouler l’escalier, c’est comme ça que je suis arrivée ici.

Évidemment, je savais très bien que je n’avais pas du tout répondu à sa vraie question, mais je n’étais tout de même pas pour lui dire que je venais de survivre à un crash d’avion, que j’avais tué la personne avec qui j’avais survécu pendant une semaine et que je m’étais faite attaquée par des loups affamés. Je voulais bien croire que nous étions dans une situation très particulière, mais pas au point où quelqu’un avalerait mon histoire sans croire que je délire. De toute façon, j’étais probablement aussi perdue que lui en ce qui concernait comment je m’étais retrouvée ici. Clairement, mes anecdotes ne serviraient à rien pour nous aider à comprendre la situation.

- J’sais pas où on est, mais l’important, c’est de trouver une sortie. Je crois qu’on est au sous-sol d’un bâtiment ou un truc dans le même genre. J’ai déjà exploré la pièce en haut de l’escalier et j’ai rien trouvé, donc je propose d’aller regarder plus loin ici.

Sans attendre sa réponse, je trouvai le mur le plus proche de moi et le tâtai pour trouver une porte quelconque. J’avais à peine fait un pas que mon pied heurta quelque chose de métallique. L’objet tomba au sol avec un bruit assourdissant et sembla rouler encore un peu. Probablement une poubelle… Je tentai un autre pas et fonçai dans ce que je crus être un foutu banc de bois. Merde...

- Okay, il faudrait peut-être trouver un moyen de faire du feu parce que je vois rien… J’espère que tu sais allumer un feu, big, parce que j’ai déjà essayé plusieurs fois et ça a jamais marché. Ce qu’on voit dans les films, ça vaut absolument rien en matière de référence.

Je tirai le banc de bois pour le décoller du mur. C’était le seul bois dont je connaissais l’existence dans la place. Ça n’avait aucunement rapport avec le fait que je venais de me cogner la jambe dessus. Pas du tout. Aucun. Rapport.

- Je propose qu’on foute le banc en feu.
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Richard de Vermont
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MessageJeu 13 Juil - 19:32
-Ma pauvre demoiselle, vous n’êtes pas chanceuse.  Je me présente Richard de Vermont, chapelier de renommée.

Richard sait bien qu’elle s’était fait mal, il l’avait bien entendue, mais tomber du haut d’un escalier n’est pas agréable.  Surtout dans le noir comme ça, on ne sait jamais sur quoi on pourrait tomber ou s’accrocher.  En espérant que le noir soit le seul gros danger ici…et la saleté. Olivia lui fait un compte-rendu de ce qu’elle a fait, comme si elle lui racontait sa journée.  Cela aurait été plus gaie que de devoir raconter qu’elle a dû dans la poussière et la crasse à tâtons.  Il n’y a donc pas de sorties en haut où elle était.  Pourtant, il croyait tout comme elle qu’ils étaient dans un sous-sol d’un édifice.  Cela le surprendrait que la sortie soit en bas.  Peut-être que la sortie est en haut, mais pas où qu’Olivia se trouvait?  Ce serait plausible, ils devront vérifier cela.  Le chapelier approuve donc :

-Oui, car je ne supporterai pas rester dans cet endroit crasseux encore bien longtemps.  Nous allons donc trouver une sortie à la surface, mais comme vous l’avez si bien dit, nous irons plus loin.  De toutes manières…

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’il se fait interrompre par un bruit de fracas.  Il se rend compte qu’Olivia ne l’écoute absolument pas et qu’elle cherche déjà une sortie sans se préoccuper de lui.

-Mademoiselle Olivia, m’écoutiez-vous au moins?...


- Okay, il faudrait peut-être trouver un moyen de faire du feu parce que je vois rien… J’espère que tu sais allumer un feu, big, parce que j’ai déjà essayé plusieurs fois et ça a jamais marché. Ce qu’on voit dans les films, ça vaut absolument rien en matière de référence.

La barbe de Richard frémit d’indignation.  L’a-t-elle traité de big?  Mais quel langage grossier est-ce là?  Cette Olivia est-elle de la classe moyenne?  Cela expliquerait son langage et son manque de manière, si c’est le cas.  Il lui réponds donc d’un ton offusqué :

-Mademoiselle, d’abord, la moindre des choses que vous pourriez faire dans une situation pareille est de me vouvoyer et de m’appeler Mister de Vermont au lieu de big.  L’impolitesse donne place plus vite à l’agressivité.  

Il secoue un peu son mouchoir près de son nez pour y sentir les derniers relents de parfum puis reprends, d’un ton plus courtois.

-Dites-moi, que voulez-vous dire en parlant de films?  Ce n’est pas que je suis ignorant, mais je crois bien que cela est une preuve que nous ne savons pas tous la même chose.  Vous comprenez ce que je veux dire?  Je ne sais pas faire de feu, mais je sais faire de très beaux chapeaux.  Car voyez-vous, je suis un noble chapelier…

Il se tait, réalisant qu’il a répondu à la question d’Olivia sans réellement s’en apercevoir.

-Ah bien maintenant vous le savez, que je ne fais pas de feu.  Chez moi, je donnais cette tâche à la femme de chambre ou au majordome.  Quel dommage que nous n’avons pas d’allumettes.  Ne vous inquiétez pas par contre, je sais bien m’en servir comme tout le monde, aha!  Ahem, êtes-vous sûres que vous ne savez pas comment faire un feu?  Votre attitude grossière est oubliée, mais n’est-ce pas un langage plus utilisé chez les personnes de classe moyenne?  Je croyais que les gens de cette classe savent comment faire un feu, puisqu’ils ont tous les mains sales.  Eh bien, je viens d’apprendre de quoi.  Bref, vous pouvez comprendre maintenant que nous ne pouvons pas enflammer ce banc en bois, étant donné que nous sommes tous les deux incapables.

Il se tait, le temps de réfléchir à une deuxième solution.  Il finit par suggérer :

-Et si nous faisons comme des aveugles?  Vous savez que les aveugles utilisent une canne pour avancer, n’est-ce pas?  Ils l’agitent devant eux pour s’assurer qu’il n’y pas d’obstacles devant eux.  Nous pourrions faire la même chose, mais, faute de cannes, nous pourrions utiliser les pattes de ce banc.  Nous pourrons alors longer le mur sans se blesser et peut-être trouver éventuellement une sortie ou un autre escalier menant à la sortie.

Il retire ses gants blancs et les range.  Il se retrousse les manches et dès qu’il sent la surface du banc sous ses doigts, il l’agrippe par une patte et vérifie son poids.  Trop lourd pour qu’il puisse le fracasser contre le mur.  Peut-être s’il essaye d’arracher les pattes à coups de pied, cela fonctionnerait? Il renverse le banc, les pattes maintenant en l’air, et le repousse contre le mur.  Son visage semble être concentré, mais c’est plutôt un désespoir de devoir suer.  Il y parvient tout de même, et en s’éventant il s’exclame :

-Ciel, quelle mauvaise position pour un digne chapelier comme moi! Attendez une petite seconde, ma bonne dame, que je reprenne mon souffle un peu…voilà c’est mieux…quel dommage que mon mouchoir ne puisse plus me protéger de l’odeur!  Ne craignez rien ma chère, on arrache une patte de ce banc et nous pourrions continuer notre chemin…

Il termine sa petite pause puis commence à donner des coups de pied à une des pattes du banc.  À cause du noir, il vise très mal, mais il y parvient de mieux en mieux à force d’essayer.    Il s’épuise encore et s’arrête, cherchant son souffle encore une fois.  

-Attendez mademoiselle, je reprends mon souffle et je me remets à la tâche…

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Olivia Stash
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MessageMer 19 Juil - 20:19
Je fis semblant de ne pas entendre les exclamations indignées de Richard suite à la façon dont je l’avais appelé. Pas que je me foutais complètement de ses états d’âme, mais c’était à peu près ça. Sans parler du fait qu’il était bien parti pour me faire la morale ce qui ne me donnait vraiment pas envie de l’écouter. Il ne se rendait pas encore compte que les salamalecs et les courbettes étaient littéralement les derniers de mes soucis en ce moment. À la limite, je préférerais même me taper une longue discussion sur les dernières tendances vestimentaires avec les filles de ma classe que d’écouter ce que cet homme visiblement dérangé avait à me dire sur le savoir vivre et tout. Est-ce que je sonne comme quelqu’un qui sait vivre en société ? Probablement pas. J’évitais souvent les interactions sociales en réalité. D’ailleurs, pour éviter d’allonger le sermon plus longtemps que nécessaire, je ne lui répondis qu’un bref «ouais» lorsqu’il sembla avoir fini de parler.

Bien vite, l’homme continua sur sa lancée, me demandant de quoi je parlais, ce qui n’était pas tellement choquant. La télévision et le cinéma étant des inventions relativement récentes, je me doutais bien que ce n’était pas tout le monde qui connaissait cela. Moi-même, je ne les avais pas regardés si souvent que cela, mis à part pour quelques films courts qui se voulaient drôles et quelques programmes télévisés. Je ne pris pas la peine de lui expliquer le concept d’un film. C’était une grosse perte de temps sur un sujet qui ne nous sortirait pas de cet endroit. Je ne dis rien et le laissai finir de parler.

- … Je ne sais pas faire de feu, mais je sais faire de très beaux chapeaux.  Car voyez-vous, je suis un noble chapelier…

Un moment de silence. Des chapeaux ? Vraiment ? Quelqu’un peut me dire en quoi c’est pertinent pour faire un feu ? Je soupirai.

- Écoute, à moins d’être capable de me pondre un chapeau avec une lampe accrochée dessus, ça nous servira pas à grand chose que tu sois un noble chapelier ou un truc dans ce genre. Le fait est qu’on a pas d’allumettes pour faire un feu et que j’suis absolument incapable d’en partir un sans allumettes.

Richard réfléchit et proposa de se faire des cannes avec les pattes du banc, ce qui n’était pas une mauvaise idée en soi. Certes, c’était très peu pratique à cause de la longueur des pattes du banc, mais probablement bien mieux que d’avancer à l’aveuglette et de se casser la gueule partout comme je le faisais. Je n’avais rien à redire sur cette idée alors je me tus et attendis qu’il se mette à l’ouvrage. Naturellement, il était sûrement plus fort que moi de toutes façons donc mes faibles bras ne serviraient à rien pour arracher des pattes de bancs comme il le faisait. Du moins, selon ce que j’entendais. Il tentait même de me rassurer parce que, forcément, je suis supposée être inquiète devant une telle situation. Je l’entendis prendre une petite pause et décidai de l’aider un peu à arracher la patte de banc.

- Attention, j’vais kicker sur la patte pour voir si ça cède.

J’attendis à peine que l’homme s’enlève du chemin pour commencer à kicker la patte qui tremblait de plus en plus quand mon pied l’atteignait. Bien sûr, viser une cible de cette grosseur dans le noir n’était pas évident et je manquais mon coup assez souvent, mais j’avais réussi à affaiblir la patte assez pour que Richard puisse l’arracher avec ses mains. Je m’enlevai du chemin et lui lançai :

- Ça devrait être plus facile maintenant. J’vais prendre la patte, j’suis sûrement plus petite donc j’ai moins à me pencher pour l’utiliser.

Ce que je ne disais pas, c’était que si jamais les choses viraient mal, je pouvais juste m’enfuir avec la patte en bois ou sinon me défendre avec ça. Puis, ce n’était pas impossible que je décide de fausser compagnie à ce cher Richard si jamais il me nuisait dans ma démarche de sortir de cet endroit inconnu. Ainsi, je saisis le morceau de bois et commençai à m’avancer dans le bâtiment, cherchant une cage d’escalier quelconque pour pouvoir remonter à la surface.

- Tu toucheras le mur pendant que tu te promènes, si tu sens une porte ou n’importe quoi d’autre, on ira explorer ça.
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Richard de Vermont
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MessageDim 23 Juil - 0:19
- Attention, j’vais kicker sur la patte pour voir si ça cède.

Malgré la manière grossière qu’Olivia dit cela, Richard est contre.  Pour son orgueil premièrement et deuxièmement, d’après lui ce ne serait vraiment pas courtois de sa part de laisser une femme s’occuper d’une telle tâche.  Remarquez que si elle se blesse, ça ne sera jamais de sa faute mais il a tout de même été élevé dans des coutumes qui lui disent de l’aider et de l’empêcher de se blesser.  Et puis, si elle se fait mal, ils auront peut-être plus de misère à progresser.  Il s’objecte donc :

-Ah non mademoiselle!  Quel homme serais-je si je laissais une femme s’abaisser à une tâche, même si dans votre cas, vous êtes bas de nature?  De plus, je…

Il n’a pas la chance d’en dire encore plus qu’elle frappe déjà contre la patte avec acharnement.  Elle finit par l’affaiblir suffisamment pour qu’il puisse l’arracher.  Avant qu’il puisse la féliciter, elle propose de tenir la patte.  N’ayant aucune objection, il lui tend :

-Bien entendu, c’est effectivement une bonne idée.  Si je suis celui qui doit toucher les murs, permettez-moi seulement d’enlever mes gants.  Un tissu de grande comme cela est si rare, ce serait fort dommage de les salir, n’est-ce pas?  Voilà…

Il s’en va pour tendre le bras à Olivia pour qu’elle s’y accroche, mais elle est déjà loin.  Cela l’arrange bien, car avec son attitude bête et impoli, il n’a aucune envie de l’avoir accroché à son bras.  C’était déjà ennuyant à le faire avec Fran, il ne va pas insister pour qu’Olivia le fasse.  Il laisse sa main trainer mollement contre le mur.  Il sent la crasse coller au bout de ses doigts, et a une face répugnée.  Il ne parvient à rester silencieux bien longtemps.

-Quel inconvénient que je n’ai pas ma cane sur moi, cela aurait simplifié les choses ne trouvez-vous pas?  Une si belle canne, ma fille y a même ajouté sa touche personnelle.  Hélas, je ne l’avais pas sur moi quand j’ai été amené ici…

Cela l’échappait.  Il n’arrivait pas à comprendre comment il s’était retrouvé ici en un clin d’œil sans s’en rendre compte.  La meilleure réponse est qu’il se soit fait drogué.  Comment?  Par qui?  Il n’avait rien bu de la journée, trop préoccupé par Pearl, et personne dans la maison n’avait de raisons de faire une telle chose.  Peut-être Fran, mais elle était dans un tel chagrin que Richard ne croit pas qu’elle aurait pensé à cela.  Il sait qu’il ne rêve pas, car tous ses sens sont assaillis comme ils ne l’ont jamais et ne le seront jamais dans un rêve.  Même chose pour Pearl.  Cela, c’est vrai.  La peur et la souffrance ont été réelles, il n’y aucun doute là-dessus.  À cette réflexion, Richard fût vraiment effrayé.  Il ne comprenait pas ce retournement de situation injustifié et insensé.  Son cœur bat soudainement encore plus vite.  C’est déjà un danger d’être perdu ainsi, mais sans aucune raison rend le danger beaucoup plus terrifiant.  L’ignorance est dangereuse.  Avec une voix qui trahit sa peur, il demande :

-Mademoiselle, puis-je vous demander quelque chose?  Où étiez-vous avant de vous retrouver ici?  Que faisiez-vous?  Moi…moi j’étais tranquillement chez nous en train de travailler dans mon atelier.  Je travaille à partir de chez moi, voyez-vous.


Il n’a pas de honte à mentir.  Ce qui se passait véritablement chez lui ne concernait pas Olivia et ne la laisserait probablement ni chaude ni froide.  Savoir que quelqu’un, même s’il s’agit d’une inconnue, n’éprouverait rien d’autre que de l’indifférence pour ce petit joyau qu’était Pearl le fâcherai.

Tout d’un coup, sa main passe dans le vide.  Ravi d’avoir trouvé de quoi, il la repasse pour s’assurer qu’il n’a rien imaginé.  Il s’agit bien d’un passage.  Il appelle tout de suite Olivia :

-J’ai trouvé un passage!  Approchez!  Peut-être qu’une sortie se trouve de l’autre côté.

Il s’empresse de le traverser, et sent quelque chose craquer sous ses souliers.  Il devine tout de suite que c’est du verre.  Il repasse sa main.  Ne touchant que le vide, il la tend doucement vers la droite.  Il sent la pointe de verre quand même pointue frôler son doigt.  Il descend sa main plus bas et sent d’autres pointes.  Il a été drôlement chanceux que ses vêtements ne s’y soient pas accrochés, dites donc.  

-Attention, il y a du verre partout de ce côté.  Vous n’avez pas de souliers à talons j’espère?  Faites attention, l’entrée est encadrée de morceaux de verre qui ne sont pas tombés.  Au toucher, je dirais qu’elles sont acérées en fait.

Du pied, il balaie les morceaux de verre plus loin.  Ses beaux souliers vont être abîmés en plus d’être salis.  Il tend sa main au travers du portail pour saisir galamment (et à contrecœur) pour s’assurer qu’elle ne s’y accroche pas.  

-Faites attention à votre robe, ce serait triste qu'elle soit déchirée à cause d'un minable accident.  Une chose est sûre, c’est que cet endroit est très mal entretenu.  C’est dégradant d’être laissé ici parmi la poussière et la cochonnerie, si vous pardonnez mon langage.  Il y a même des vitres cassées!  Personne n’a donc pensé qu’il aurait été approprié de tout ramasser avant de quitter les lieux.  Si seulement les personnes malpropres étaient plus propres.  Et organisées!  C’est tout aussi important!  Cela rajoute de la beauté, et nous pouvons nous entendre tous les deux que cet endroit est le sanctuaire de la laideur.

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