Leet Saddler
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MessageDim 5 Mar - 15:16
Mes plus récentes mésaventures me laissent porté à croire que l'expression "le calme avant la tempête" est erronée. Peut-être est-ce parce que mon calme, comparé à la tempête qui a suivi, a été très court et m'a laissé très peu d'indices sur la suite. Le meurtre et le calvaire enduré en prison, c'était une chose, mais me réveiller dans une ville dévastée entouré de monstres sanguinaires qui tentent de me dévorer en est une autre.
Peut-être que l'expression n'a simplement plus sa place.
Mais vu ce qui se passe, j'ai l'impression que plus rien n'a sa place.

L’attaque monstrueuse a pris fin aussi rapidement qu’elle a débuté : d’un seul coup, sans en connaître la cause, avec moi blessé et allongé sur le sol à se demander qu’est-ce qui pourrait être pire. Quelqu’un qui croirait en une force supérieure ou au destin déjà écrit dans notre ligne du temps trouverait sans doute ce genre de pensée dangereuse, surtout après ce que j’ai traversé, puisque leur dieu ou leur destin semble avoir en ce moment un très mauvais sens de l’humour. Mais je n’ai pas assez de preuves pour croire en l’un ou en l’autre, et une simple pensée ironique ne déclenchera pas d’elle-même d’autres événements tragiques, si ça devait arriver ce ne serait qu’une coïncidence. Cela dit, ma situation actuelle va bien au-delà du tragique : j’ai encaissé plusieurs attaques sauvages et s’il n’y avait pas eu ce deuxième homme qui fuyait aussi la vague monstrueuse, je serais déjà mort. Heureusement pour lui, car j’ai fait ma part lors de notre fuite plus d’une fois, mais lorsque tous les monstres nous ont attaqué en même temps, c’est un troisième allié qui nous a sauvé la mise… je ne l’ai vu qu’une seconde, au plus, mais ça ressemblait à un cristal. J’ai ressenti une grande chaleur… et puis tout s’est arrêté.

Et donc voilà où nous sommes rendu, le gars m’aide à me relever et nous regardons partout autour de nous, sans comprendre ce qui se passe, en souffrant sans oser le dire. Je cherche mon souffle en ignorant tant bien que mal la brûlure dans mes poumons, et ose à peine bouger mes bras couverts de sang, me doutant bien que mon manteau ne fera pas un bon pansement. Mais pour l’instant, nous n’avons rien d’autres. Ça me fait un peu peur de l’enlever, puisque ça veut dire montrer mon tatouage de prisonnier, mais vu le sang et les lacérations, il ne doit pas être bien visible, et si les blessures s’infectent un maudit tatouage sera le dernier de mes problèmes.
Mais je remarque la posture étrange du gars qui me soutient, et j’aperçois ses blessures à lui.

-Oh putain mec, ta jambe…

D’où je suis, c’est difficile de voir ce qui lui est vraiment arrivé, mais ce n’est pas bien important maintenant. Je me dégage prudemment pour ne pas donner de coups brusques et retire lentement mon manteau, grimaçant de douleur pendant le processus, et m’approche.

-Okay, bouge pas, on va panser ça et ce sera déjà pas mal… Non, mets pas trop de poids dessus, appuie-toi sur moi si t’as peur de tomber… Non pas sur les épaules ça fait mal!

Je n’ose pas tirer bien fort pour faire le nœud, de peur d’avoir trop mal, il faut donc travailler à deux pour faire un pansement acceptable et soigner sa jambe un minimum. Ce qui ne laisse que mes propres blessures, et un froid mordant qui n’est pas tout à fait désagréable à sentir… du moins pas encore. Mais ça c’est juste pour l’instant. Je hoche la tête pour le rassurer.

-T’inquiètes pas, je vais me servir de mes gants pour mes blessures et je devrais survivre le temps qu’on me trouve un autre manteau. C’est bon, tu peux marcher? Te presses pas, le pire a l’air d’être passé, on peut encore… huh?

En retirant mon gant, je remarque quelque chose qui ne devrait pas être là, un détail de trop que je n’avais pas remarqué : dans le creux de mon coude gauche se trouve un tatouage représentant un trèfle, sans aucune trace indiquant qu’il est récent : pas de rougeurs ou de douleur. C’est comme s’il avait toujours été là. Mais je sais très bien que je ne me suis jamais fait tatouer volontairement nulle part, et si j’avais eu à le faire j’aurais choisi autre chose qu’un trèfle.

Ce n’est pas normal. Rien n’est normal. Je fixe le symbole sans rien dire, trop occupé à penser, et incapable de trouver quelque chose à dire. Je ne saurais même pas par où commencer.
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Ryan Miller
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MessageMer 8 Mar - 21:15
Alors que je regardais les bêtes se sauver à l’extérieur, soutenant l’autre homme qui s’était presque fait dévorer par le babouin qui avait mangé le cristal dans la gueule, mes pensées vagabondèrent vers les derniers souvenirs avant mon réveil dans cet endroit. J’étais dans un hangar, sur le point de me faire exploser la tête par Kyle. Comment avais-je pu survivre à ce coup, d’ailleurs ? Je n’étais clairement pas mort et ma cuisse me le rappelait de plus en plus à chaque seconde qui passait. L’adrénaline du mode survie s’était épuisée et plus je sentais ma cuisse, moins j’avais envie de la regarder pour voir ce qui se passait. Pourtant, c’est ce que je fis quand l’autre gars poussa une exclamation de surprise en voyant ma jambe.

Mes yeux se posèrent sur ma cuisse qui était désormais couverte de sang. La plaie avait dû être assez profonde si elle avait causé une telle hémorragie, mais j’avais eu de la chance, car je pouvais toujours marcher, quoique un peu péniblement. L’homme enleva son manteau pour m’aider à arrêter le saignement alors je fis ce qu’il dit sans poser de questions. Le manteau était plus encombrant que d’autre chose, mais tant que nous restions loin des monstres, ce ne serait pas un problème.

Je regardai ses plaies et lui demandai rapidement ce qu’il allait faire pour panser les siennes, mais il me répondit que les gants feraient alors je le laissai penser ses bras pendant que je cherchais n’importe quoi pouvant lui servir de manteau pour ne pas qu’il crève de froid. J’allais quand même pas le laisser mourir d’hypothermie maintenant qu’il avait prouvé sa valeur pendant la fuite. Ça pourrait toujours être utile dans un futur plus ou moins rapproché si on croisait d’autres monstres.

Je ne vis aucune trace de tissu quelconque dans les environs. Même pas de traces de boîte de carton ou de feuilles de papier pour se faire un semblant de vêtement. Il n’y avait absolument rien. Mon regard se posa sur l’espèce de sanglier monstrueux qui jonchait le sol non loin de là. Je le fixai quelques secondes avant de réaliser qu’il possédait quand même une fourrure. Ça devait clairement être plus chaud que se promener sans rien dans le froid, non ? Je cherchai un truc pour couper la peau de la bête, mais je ne vis rien de plus efficace que de simples morceaux de verre.

- Okay, je crois bien que ce sanglier déficient va nous servir à quelque chose. Regarde le pro à l’oeuvre.

Laissant l’autre gars dans le mystère, j’enlevai mon chandail et l’enroulai autour de ma main pour la protéger alors que je saisissais un éclat de vitre. Je pris un grand élan et plantai l’éclat dans la gorge du sanglier pour le faire saigner. Le sang gicla sur mes bras alors qu’une mare rouge s’étendait au sol. Je pris le sanglier par les pattes arrière et laissai le sang couler un peu partout. Lorsque le flux diminua, je posai la bête sur un bureau de métal et repris le verre pour lui découper le ventre. Une odeur immonde de tripes s’élevait au fur et à mesure que la vitre mutilait le ventre de l’animal. Faute d’avoir autre chose, je plongeai mes mains et mes avant-bras dans le corps de la bête et en ressortis une poignée d’intestins et d’organes divers. Je vidai le sanglier de cette façon, laissant ses tripes sur la table, jusqu’à ce que mes doigts grattent sa colonne vertébrale. J’entrepris d’arracher les os du mieux que je pus et après plusieurs minutes d’acharnement, je tendis la peau ensanglantée à l’autre homme.

- Tiens, mets ça. Ça va te tenir au chaud.

J’attendis qu’il prenne la fourrure avant de me tourner vers la table, triant les os, les organes et le reste de la viande que j’avais extraits du sanglier. Mes yeux se posèrent sur la viande qui pourrait bien s’avérer utile. si je me fiais à l’état de la ville. Je repris le morceau de verre et me mis à découper la viande en morceaux. Une fois cela fait, j’en mis le plus possible dans mes poches, faute de mieux, et je me tournai vers l’autre.

- Bon… J’espère que t’as des poches, faut qu’on se traîne de la bouffe et des os pour se gosser des pieux.

Je remis mon chandail désormais couvert d’autre chose que mon propre sang et secouai mes bras pour me débarrasser un peu du sang.

- Je propose qu’on sorte dehors dans quelques minutes, quand il fera moins froid et qu’on se trouve un endroit chaud. Ce bâtiment est trop endommagé pour ça. Si on a de la chance, les bêtes vont nous laisser tranquilles vu qu’on sent l’animal.
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Leet Saddler
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MessageLun 17 Avr - 21:45
Je viens pour attirer l'attention de Ryan sur ma nouvelle trouvaille et partager une énième anomalie n'ayant pas sa place, mais me ravise à la dernière minute et choisis de ne rien dire, du moins, pas maintenant. Pas besoin de sonner l'alerte pour un simple tatouage, car jusqu'à preuve du contraire, ce n'est que ça : un simple tatouage, anormal mais innoffensif, qui sera le sujet idéal pour une petite enquête une fois que nous serons pansés, au chaud et en sécurité. Jusque là, même si le dessin sur ma peau devait être quelque chose de beaucoup plus vicieux et létal, j'aurais plus de chance de mourir d'hémorragie ou d'hypothermie, ou même entre les crocs d'une nouvelle bête, avant qu'un possible poison ne fasse effet.
Peu importe les pièces de puzzle que je me créé, elles refusent de s'emboîter parfaitement. Je n'arrive pas à tout expliquer, il me manque encore quelque chose...

-Hm? Qu'est-ce que tu as en tête?

Il n'y a rien de plus beau qu'un éclair de génie transparaissant sur le visage de quelqu'un. L'idée même et le résultat sont souvent décevants, mais dans notre situation, j'accepterai bien n'importe quoi. Ou du moins je le pensais! Car si savoir que Ryan avait une utilité pour le cadavre de sanglier qu'il nous reste m'avait bien réjoui, le voir s'en approcher avec son morceau de verre entre les mains me fait déchanter bien assez vite. Et la suite...

-Oh bon sang!

Bon sang, en effet. Le brun enfonce son arme de fortune dans la gorge de la bête, provoquant une fontaine de sang, et entreprend de le saigner complètement avant de l'ouvrir, farfouillant à l'intérieur pour en retirer os et entrailles. Les genoux tremblants, je ne peux que rester hébété devant cet atroce spectacle, les yeux grands ouverts et le cœur au bord des lèvres. Non Leet, ne vomis pas, peu importe ce qui se passe ne vomis pas... mais putain, le bougre il déconnait pas en disant qu'il était un pro! Il a pas hésité une seconde, il a juste... vomis pas Leet, t'es fait fort, vomis pas! C'est le truc le plus dégueulasse que j'ai vu de toute ma vie!

-Tiens, mets ça, ça va te tenir au chaud.

C'est trop. Une brûlure écœurante prend naissance dans le creux de mon ventre et remonte à toute vitesse, me laissant à peine le temps de me retourner, de soulever mon masque et de me pencher avant de vomir une bile acide au goût horrible qui brûle tout sur son passage. Les larmes aux yeux, je tousse et crache sans répit pour chasse le goût, l'odeur étant déjà assez bien camouflée par celle du sang partout autour de nous, passant ensuite une bonne minute à respirer profondément, avant de cracher une dernière fois, remettre le masque en place, me relever et faire face à mon compagnon de voyage pour le pointer du doigt, ma voix devenue un grondement bien plus menaçant.

-Je ne le dirai qu'une fois : je ne porterai jamais ce tas de germes ambulant qui pue, tiré par tes soins de la carcasse d'une bête vaincue comme si on était des hommes des cavernes sans aucune autre chance de survie.

Une seconde de silence et j'ouvre la main.

-Maintenant que je l’ai dit une fois, je ne le dirai plus jamais. Donne-moi ça, je gèle.

C'est pas comme si j'avais le choix! Certes, y a des moyens de mourir pas mal meilleurs que d'autres, mais à la base je cherche quand même à survivre! Porter ce truc augmente mes chances, même si ce n'est qu'un petit peu. J'attrape la peau de bête et la dépose sur mes épaules, retenant de peine et de misère un haut-le-cœur en m'apercevant que la fourrure est encore chaude. C'est malsain...

-Oooooooh c'est dégoûtant! Si y a des charognards parmi les bestioles, on est pas mieux que morts!

Quel optimisme. Un dernier frisson et je suis prêt à partir, on ferait mieux de pas rester là. Mon nouveau tatouage me revient à l'esprit. Mieux vaut ne pas retarder la chose...    

-Mec, regarde ça.

Je tends mon bras à nouveau et essuie un peu de sang pour montrer le trèfle sur mon bras. Ça a l'air un peu con, c'est qu'un dessin, mais le mystère derrière, par contre...

-J'ai jamais vu ce tatouage avant de débarquer ici. Et y a zéro douleur, zéro rougeur, pourtant c'est pas de la camelote temporaire qui s'efface après deux jours! Jamais vu un truc pareil... Enfin, de ce que j’ai vu, si c’est pas ici qu’on trouve de quoi survivre, on devrait tenter de se rapprocher du centre-ville. Les bâtiments seront plus solides, mieux isolés, sans doute, et on aura plus de chances de trouver quelque chose…  mais faut qu’on reste discret. Même avec notre odeur, je veux pas faire de tests pour voir si on passe vraiment inaperçus!
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Ryan Miller
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MessageLun 8 Mai - 18:21
L’autre gars eut l’air dégoûté en voyant le manteau de fortune que je lui avais confectionné. Normal, en même temps, ça sentait carrément la mort, ce truc. Heureusement que l’odorat est un sens qui s’adapte rapidement. Autrement, l’odeur nous rendrait fous tous les deux. Je retournai à mon gossage de pieux pendant que l’homme s’habituait à porter la fourrure sans dégueuler à chaque minute. Il attira ensuite mon attention pour me montrer un tatouage de trèfle sur son bras. Apparemment, il n’avait jamais vu ce tatouage avant. Je regardai sur mes bras, par curiosité, mais ne trouvai rien. Aucun tatouage.

- Moi je vois rien d’anormal sur mes bras. C’est peut-être juste toi.

Il proposa de se rapprocher du centre-ville histoire de trouver de meilleures bâtisses pour se réfugier. C’était une bonne idée. Je pris tout ce que je pouvais prendre avec moi et tendis un os de monstre au gars.

- Bon plan, on va se rapprocher du centre de la ville. Tiens, prend ça pour te défendre, on va avancer le plus discrètement possible, mais je garantis pas qu’on se fera pas repérer.

Je me mis à avancer péniblement vers la sortie, c’est-à-dire, les escaliers. C’était bien de se prendre pour un ninja et sauter d’un toit, mais je doutais que ce serait une bonne idée de le refaire. Surtout qu’en ce moment, l’adrénaline avait redescendu et que je sentais ma plaie me brûler. Je marchais avec la jambe tendue pour éviter de souffrir, mais ce n’était pas très efficace. Je descendis lentement les escaliers, un os grugé en pieux à la main. Je regardais tout autour de moi pour m’assurer que le gars me suivait et qu’aucun monstre ne se trouvait encore dans l’immeuble. Arrivé au rez-de-chaussée, j’attendis que l’autre me rejoigne pour continuer mon exploration à l’extérieur.

- Okay, je crois que pour éviter de se faire repérer, on est mieux de se déplacer d’immeuble en immeuble. Comme ça, on pourra se cacher des monstres.

Comme dans tout bon film de soldats, je me glissai à l’extérieur et me mis à zigzaguer entre les immeubles pour rester le plus possible à couvert. Tout à coup, j’entendis un bruit de poubelles renversées et des cris inhumains sur ma gauche. Je saisis l’autre type et l’entraînai dans la première cachette que je trouvai, soit des toilettes publiques.

- Pas de bruit…

Je me plaquai contre le mur en entendant les bruits métalliques se rapprocher de notre location. Plus ça se rapprochait, plus nous pouvions entendre distinctement les bruits de griffes acérées sur l’asphalte. La bête fit le tour des toilettes quelques fois, reniflant probablement une odeur étrange, notre odeur. Je retins mon souffle, tentant de ne faire aucun bruit.
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